Alors que le LIV Golf rêvait enfin d’un duel au sommet dans le final du tournoi d’Adélaïde avec ses deux grandes stars Jon Rahm et Bryson DeChambeau, c’est le troisième homme de cette partie de titans, Anthony Kim, qui a leur a volé la vedette. Une aubaine pour le circuit dissident car le succès de l’Américain, revenu des bas-fonds, a enfin donné ce supplément d’âme qui manque tant à leur ADN.
La rédaction
Il y a un an et une semaine, Anthony Kim postait sur ses réseaux sociaux : « Deux ans de sobriété. La plus grande réussite de ma vie. » Douze mois plus tard, il pose avec fierté avec sa fille et le trophée du tournoi du LIV Golf Adélaïde devant eux.
Ce n’est sûrement pas la plus grande victoire qu’un joueur de golf puisse décrocher dans sa carrière, loin s’en faut, mais la rédemption d’AK est certainement l’un des plus inattendu come-back de l’histoire du sport.
« J’étais à peine capable de marcher pour entrer en centre de désintoxication, ayant besoin de l’aide de mon coach de sobriété, tant mon corps était en train de lâcher. » Ça, c’était le Anthony Kim d’avant, celui qui fut longtemps sous l’emprise de la drogue et de l’alcool et qui avait complètement disparu des radars du PGA Tour.
Le PGA Tour qui avait fait de lui une véritable « rock star » (vous n’avez peut-être pas oublié sa célèbre boucle ceinture portant ses initiales scintillantes) lors de ses premières années, avec trois titres notamment, une première sélection flamboyante en Ryder Cup en 2008 aussi, et accessoirement une 3e place au Masters en 2010.
The Revenant, digne d’un scénario hollywoodien
Pour de sombres histoires d’assurance (et un pactole financier à la clé pour lui) mais aussi sûrement en raison d’addictions diverses et variées, « AK » comme on le surnommait avait tiré un trait à sa carrière et quitté le monde professionnel en 2012.
Quand il est revenu à la surprise générale sur le LIV Golf en 2024, il faisait peine à voir, à la fois sur son visage sans doute marqué par les effets de ses excès de consommation, mais aussi dans son golf. Ses scores lors de ses premières apparitions étaient lourds, très lourds. Il avait même été relégué de sa ligue avant de regagner brillamment sa place via le tournoi de sélection de janvier dernier.
Et puis petit à petit, il a progressé, tout en rappelant ici et là que sa source d’inspiration restait sa petite fille. « Je me suis promis, écrivait-il sur Instagram l’an passé, lorsque j’ai passé six jours aux urgences, que je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour faire une différence et montrer à ma fille qu’il n’est jamais trop tard pour continuer à essayer. » Son mantra « 1 % meilleur chaque jour » et à sa détermination ont fini par payer.
La manière dont il a doublé dans le 4e tour les “blockbusters” du LIV, Jon Rahm et Bryson DeChambeau, est assez épatante. Même si le LIV reste un tournoi où la concurrence est moindre, il a joué 63 (-9) sur un parcours certes très attaquable, mais qui a fait trébucher les deux vainqueurs de Majeur à ses côtés.
AK IS RUNNING AWAY IN ADELAIDE 👊
— LIV Golf (@livgolf_league) February 15, 2026
He has a three shot lead heading into the final hole…#LIVGolfAdelaide | @4AcesGC_ pic.twitter.com/0aL2et2TuB
L’admiration de tous
Le LIV, dont les audiences télé demeurent très faibles, malgré le fait d’avoir attiré dans ses filets quelques-uns des meilleurs joueurs du monde (Dustin Johnson, Bryson DeChambeau, Joaquin Niemann, Brooks Koepka, Patrick Reed, Cameron Smith, et puis Jon Rahm au cours des trois dernières années) n’avait jamais atteint ce niveau d’intérêt. Pourquoi ? Principalement parce que sans histoire, sans héritage, et disputées dans une ambiance de rave party, les épreuves du LIV manquent de sens, de relief, d’humain.
Tout ce que la victoire d’Anthony Kim, sorte d’anti-héros des temps modernes, a provoqué. Du pain bénit pour ceux qui au sein du LIV cherchent la recette miracle pour donner de l’épaisseur médiatique au circuit.
Pour s’en convaincre, il suffit de lire les post sur les réseaux sociaux de Justin Thomas sur Instagram : « Incroyable histoire ! Ce gars a travaillé dur pour revenir. Respect à Anthony Kim ! » ou de Luke Donald pour comprendre ce que cette résurrection inspire aux autres.
Way to go AK!
— Luke Donald (@LukeDonald) February 15, 2026
Redemption stories always resonate. From being one of the most talented players in the world, to disappearing from the game, to putting in the work to get yourself back into the winner’s circle – that takes something special.
We all fail at times. Not everyone has…
«Les histoires de rédemption sont toujours touchantes. Il faut un courage exceptionnel pour passer du statut de joueur parmi les plus talentueux au monde et disparaitre du circuit, puis reconquérir les sommets au prix d’un travail acharné.
L’échec est une passage difficile pour tous. Mais rares sont ceux qui ont le courage de se relever, d’affronter ses démons et de se reconstruire. Cela demande une force immense.
Bravo, AK ! »
Un filon à exploiter
« The revenant », lui, a d’autres considérations que ce qu’il vient d’accomplir pour le circuit qui lui a tendu la main.
« Je suis submergé par l’émotion en ce moment, a déclaré Kim. J’ai explosé de joie sur quelques-uns de mes putts rentrés à la fin, mais je suis trop vieux pour réagir comme ça, parce que je crois que je me suis fait quelque chose à la hanche. Plus sérieusement, sur chaque putt qui rentrait, je ressentais les épreuves que j’ai connues, et je les dépassais. C’était thérapeutique d’aller au combat là-bas et d’en sortir vainqueur. Mon objectif est de continuer à progresser et de gagner encore d’autres trophées. »
Jusqu’où sa résurrection et même sa rédemption peuvent-elles le mener ? Les spécialistes de la communication du LIV ont peut-être un bon filon à exploiter… Enfin !
Photo : Brenton Edwards / AFP














