Pour fêter le 505e et dernier tournoi de Nicolas Colsaerts (photo) sur le Tour européen, les organisateurs du Soudal Open 2026 ont fait du golfeur belge le centre névralgique de ce rendez-vous présent plus ou moins régulièrement dans le calendrier depuis… 1978.
L.V.
Son visage est partout, en très grand format, sur le site du Rinkven International Golf Club, hôte pour la 7e année consécutive du Soudal Open, l’Open de Belgique si vous préférez. Nicolas Colsaerts, 44 ans en novembre prochain, est en effet l’homme de la semaine dans les Flandres. Le plus charismatique des golfeurs belges depuis Flory Van Donck, cinq fois victorieux du tournoi entre 1939 et 1956, effectue son tout dernier tour de piste cette semaine du côté d’Anvers. Il prend part à son ultime rendez-vous sur le DP World Tour. Le 505e ! Certainement le plus émouvant pour le vainqueur de l’Open de France 2019 au Golf National.
Retrouvez le tee times des deux premiers tours
« Ils ont vraiment fait un super boulot avec ce tournoi ces deux dernières années, souffle, évidemment ému, le Bruxellois au micro du DP World Tour. Je suis extrêmement reconnaissant d’être représenté partout, dans les espaces d’accueil et pour tout le reste, pour cette dernière danse. Je suis vraiment, vraiment heureux d’être ici. »
« C’est vraiment spécial comme sensation, ajoute-t-il. Je n’habite plus ici, je n’habite plus chez moi. Vous savez, ma maison est ailleurs, alors chaque fois que je reviens, c’est toujours un sentiment particulier de revoir des visages que je connais très bien ou que je connais depuis longtemps. La première fois que j’ai joué sur ce parcours, j’avais 15 ou 16 ans. Et revenir maintenant, à 43 ans, et jouer mon dernier tournoi de l’European Tour sur ce même parcours, c’est vraiment génial. »
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Tout a commencé pour lui dans son Open national en octobre 1998. Le tournoi s’appelait alors le Belgacom Open et s’était disputé du 1er au 4 octobre à Knokke-le-Zoute, célèbre station balnéaire belge sur la mer du Nord. Il n’avait pas passé le cut. Un tournoi qui, curieusement, ne lui a jamais porté chance. En huit participations, il n’a ainsi franchi qu’une seule fois le cut. Une 18e place au Belgian Knockout en mai 2018 dans un format atypique alliant le stroke et le match play.
« C’étaient les premiers tournois que j’ai vus en spectateur, quand j’avais huit ou neuf ans. Ils sont donc encore très présents dans ma mémoire, se souvient-il alors que l’Open de Belgique effectuait bon gré mal gré des allers et venues dans le calendrier européen, faute de sponsors assez solides pour organiser un tel événement (Ndlr, aucun Open de Belgique joué entre 2000 et 2018). Devoir jouer aux Pays-Bas et en France m’a toujours brisé le cœur, mais c’est une opportunité incroyable de le faire chez moi, de clore ce chapitre et de le faire devant des gens que je connais depuis si longtemps, c’est vraiment génial. »
Derrière les cordes à huit-neuf ans…
« Quand on est jeune golfeur et qu’on y prend goût, quand on a huit, neuf ou dix ans, qu’on va à son premier tournoi pro et qu’on voit les grands joueurs jouer, on veut devenir comme eux, souffle-t-il encore. Quand on est un amateur de 16 ans et qu’on participe à son premier Soudal Open, ça donne une idée de son niveau et on a presque l’impression de toucher le sol. C’est extrêmement inspirant et j’espère que ce tournoi aura un bel avenir. »
Douze autres golfeurs belges seront là cette semaine pour l’accompagner dans la « Nico’s Last Dance » comme l’indiquent les affiches de l’édition 2026. Parmi eux, Thomas Detry, revenu du PGA Championship (cut manqué) et des qualifications de l’U.S. Open à Walton Heath (Angleterre) ce lundi 18 mai, battu en play-off par le Français Ugo Coussaud pour la 7e et dernière place qualificative.
Lev Grinberg, un phénomène désormais français
Le clan tricolore justement qui arrive en force à Anvers avec quinze joueurs parmi lesquels on retrouve Lev Grinberg, désormais français depuis quelques mois maintenant. Ce Soudal Open constitue d’ailleurs un endroit à part pour le jeune homme, 19 ans le 7 novembre prochain. C’est justement ici, sur ce par 71 de 6 346 mètres sorti de terre en 1981, que le monde du golf a découvert ce phénomène, capable à seulement 14 ans, 6 mois et 6 jours de franchir le cut en 2022 (64e place finale). Présent lors des trois dernières éditions, il n’a, depuis, pas réussi à jouer le week-end.
On retiendra aussi la présence dans le champ de plusieurs joueurs engagés la semaine passée au 108e PGA Championship tels le Néo-Zélandais Daniel Hillier, les Sud-Africains Jayden Schaper et Casey Jarvis, l’Anglais Andy Sullivan, le Suédois Mikael Lindberg, récent vainqueur en Turquie, ou encore l’Américain Jordan Gumberg. Au départ aussi le prodige Yurav Premlall, victorieux il y a quinze jours de l’Estrella Damm Catalunya Championship avec… 14 coups d’avance sur son compatriote, le Sud-African Shaun Norris.
Peut-être lorgnera-t-il sur la magnifique Porsche Cayenne électrique, en jeu sur le par 3 du 12 (179 mètres) pour tout premier trou en un claqué. A moins qu’il ne vise les 10 000 dollars proposés pour qui battra le record du parcours établi l’an passé au dernier tour par le Norvégien Kristoffer Reitan, un sublime 62 (-9) qui lui avait permis de remporter le tournoi après un play-off à trois. Le Scandinave qui ne remet, hélas, pas son titre en jeu, choisissant de demeurer sur le PGA Tour où il vient de s’imposer brillamment au Truist Championship !
Photo : Warren Little / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP













