L’actuel 50e de la Race to Dubaï prend part à son second The Open après une première expérience un peu brutale en 2025 au Royal Portrush. Fort de cet acquis, Martin Couvra avoue arriver à Birkdale mieux « armé », possédant bien plus de clés dans son sac, malgré une saison 2026 sur le Tour européen pour le moment moins aboutie. Mais il reste encore beaucoup de gros tournois à jouer.
Propos recueillis par Lionel VELLA, au Royal Birkdale
Nous avons suivi Martin Couvra ce mercredi sur plusieurs trous de l’aller du Royal Birkdale, partageant notamment sa partie avec le « Local Hero », Tommy Fleetwood. Selon son coach, Mathieu Santerre, l’Azuréen joue plutôt bien en ce moment. On sent de l’optimisme dans ses propos. Sentiments partagés par le principal intéressé que nous avons retrouvé quelques minutes plus tard au practice range.
GOLF PLANETE : Quand êtes-vous arrivé à Birkdale ?
Martin COUVRA : J’ai fait la route depuis le Scottish Open dimanche matin.
G.P. : Comment de fois avez-vous déjà joué le parcours ?
M.C. : J’ai fait 4 fois 9 trous. 2 fois l’aller, 2 fois le retour. Je le trouve top. Il a déjà beaucoup évolué depuis dimanche. C’est très très ferme. Déjà dimanche, je trouvais ça ferme pour un début de semaine et là plus ça avance… Hier (mardi), on a marché le parcours, j’ai joué avec le green keeper et je pense qu’ils vont faire un bon travail. Ils ne veulent pas que ça soit non plus trop ferme. Ils veulent que ça reste jouable. Donc je pense que ça va être pile le juste milieu. Cela va être sympa.
G.P. : Un mot sur les greens ?
M.C. : Je trouve que même les greens ne sont pas souples, mais ils n’ont pas la fermeté des fairways. Un fer 4 ou un fer 5 peut vous emmener jusqu’à 270 mètres si vous restez sur le fairway, tellement c’est sec
Il y a un côté frustrant qui fait qu’on s’attache beaucoup au résultat et du coup, quand on voit que ça ne va pas dans l’autre sens, ça agace, ça frustre.
Martin Couvra
G.P. : Comment vous sentez-vous ces dernières semaines, ces derniers mois ?
M.C. : Super bien. Je sens que je progresse. Je sens que je joue mieux qu’avant. Après, forcément, il y a un côté frustrant qui fait qu’on s’attache beaucoup au résultat et du coup, quand on voit que ça ne va pas dans l’autre sens, ça agace, ça frustre. Mais c’est un peu la bataille que je dois mener avec moi-même, avec mon équipe. Je fais les choses correctement, je joue vraiment mieux, donc il faut juste être patient et essayer de bien se positionner pour laisser arriver les performances.
G.P. : Alors justement, comment travaille-t-on cette approche-là, sans se laisser absorber par les résultats, par cette petite musique désagréable ?
M.C. : C’est une bonne question. Je ne sais pas encore. Je pense que c’est beaucoup de discours interne. J’essaie aussi de discuter avec les gens autour de moi pour avoir leurs expériences, avoir juste des petites idées et essayer vraiment d’apporter le côté résultat en second plan et se concentrer pour bien faire le travail, factuellement, par les statistiques. Me montrer également que je suis meilleur, par mes sensations, par le fait d’écouter les gens autour et essayer de se détacher vraiment des résultats qui parfois peuvent nous mentir. A ce titre, on peut faire de très belles semaines sans forcément jouer correctement et faire des semaines moyennes voire mauvaises en sentant que le fond de jeu est meilleur et juste mettre le doigt sur ce qui manque ou ce qui ne manque pas. C’est plus ça le travail.
G.P. : Si vous deviez vous donner une note sur votre saison 2026 pour le moment ?
M.C. : Sur 10, je me mettrais entre 6 et 7. Parce que je joue très bien. Je sens que dans toutes les statistiques qu’on fait avec mon coach, je sens que je suis meilleur dans tout. A l’heure actuelle, j’ai fait quatre tops 10 mais moins de grosses places que l’année dernière au même moment (Ndlr, 1 victoire, six tops 10 dont quatre tops 5). C’est à la fois plus consistant mais il manque aussi les grosses places au leaderboard. J’essaie de ne pas m’inquiéter. Il reste encore pas mal de golf à jouer, beaucoup de tournois à faire, des gros tournois avec beaucoup de points aussi. Voilà. Je me sens bien, je suis là. Malgré tout, même si je n’ai pas les résultats que je souhaite, je reste quand même dans le top 50 de la Race (Ndlr, 50e au 13 juillet 2026). Ce n’est pas si mauvais que ça.
G.P. : Pensez-vous…
M.C. : (Il coupe) J’essaie juste de prendre de la hauteur sur ma saison. Je pense à Oihan (Guillamoundeguy) par exemple. Je trouve qu’il fait une super saison, qu’il aligne des super belles semaines et il doit être à peine devant moi ou on doit être à peu près kiff-kiff sur la Race (Ndlr, 51e au 13 juillet 2026). J’essaie d’avoir ce regard-là sur moi. C’est plus comme ça que j’essaie de le voir.
Malgré la fin de saison qui n’était pas comme je le souhaitais, j’ai quand même fait quelque chose d’assez dingue sur une première saison sur le Tour.
Martin Couvra, sur l’exercice 2024-25 sur le DP World Tour
G.P. : Pensez-vous que cette deuxième saison sur le Tour est plus difficile à digérer après cette première expérience en 2025 auréolée d’une victoire et d’une 19e place finale à la Race ?
M.C. : Oui, je pense que forcément c’est plus difficile parce que les attentes sont très hautes par rapport à la saison dernière. Malgré la fin de saison qui n’était pas comme je le souhaitais, j’ai quand même fait quelque chose d’assez dingue sur une première saison sur le Tour. Forcément, je me sens super bien pour cette année. En tout cas, je sens que j’en suis capable. C’est aussi ça qui fait que j’ai des attentes très hautes. Mais je trouve ça plutôt bien. Cela montre que j’ai confiance en ce que je fais. Maintenant, il faut juste trouver le chemin des résultats, sans forcer. Il faut que ça arrive tout seul.
G.P. : Cette expérience à Portrush l’an passé dans votre premier The Open peut-il vous servir cette semaine ici à Birkdale ?
M.C. : Oui, complètement. L’an dernier, j’avais pris un petit mur dans la figure en arrivant. Ce qui est normal parce que je n’étais pas préparé à ça. Là, je sens que je le suis beaucoup plus. Je sens que dans les coups que le parcours demande, dans la façon de réfléchir, je me sens beaucoup plus à l’aise. Je trouve que j’ai beaucoup plus de clés dans le sac pour répondre aux questions du parcours. C’est le principal. Maintenant, il faut arriver à les sortir sur le tournoi. Mais en tout cas, sur ces trois jours de préparation, je sens que ça a pris de l’ampleur par rapport à l’année dernière.
G.P. : Le parcours de Birkdale est-il plus difficile qu’à Portrush ?
M.C. : L’année dernière, le parcours était très dur mais les conditions le rendaient aussi compliqué. Il y avait beaucoup plus de vent, de la pluie. Portrush, à la base, c’est un parcours compliqué. Alors que cette semaine, la météo a l’air beaucoup plus clémente. On va avoir beau temps normalement tous les jours.
On va juste avoir ce vent qui va switcher, qui va rester fort mais qui risque de switcher un peu. Ça risque d’être ça qui va être tout sauf simple, plus un parcours dur. Pour être franc, je ne sais pas trop comment le juger. Le problème, c’est l’image que je peux avoir du parcours par rapport aux top joueurs qu’il y a là. Je peux me dire que c’est un parcours compliqué et qu’il y a des leaders à -8, -10 après deux tours. On verra (il répète). Mais je le trouve aussi dur avec une météo qui est un peu plus facile.
Photo : Stuart Franklin / R&A / R&A via Getty Images












