À domicile pour cet Open de France, Martin Couvra aborde le tournoi avec l’ambition de profiter de l’avantage du terrain et d’un public acquis à sa cause. Le Français n’a pas peur d’aller au Dubaï pour éventuellement jouer la finale.
Propos recueillis par Nathan CARDET, au Golf National
Golf Planète : Jouer à domicile, est-ce selon vous un avantage, notamment grâce à la connaissance du parcours, ou la pression d’être devant son public peut-elle aussi jouer ?
Martin Couvra : Je pense que c’est plutôt une aide d’être à la maison. On a forcément des proches qui viennent, de la famille. On connaît le parcours, je pense, mieux que la majorité du champ. C’est donc toujours sympa d’être à la maison. Et puis, je pense que c’est un rêve pour tout joueur de gagner son Open national.
G.P. : Que pensez-vous des changements apportés aux trous 4, 5 et 6 ?
M.C. : J’aime beaucoup. Le 4, je le trouve assez franc, même plus franc qu’avant et un poil plus facile, mais je trouve que c’est un super trou. Le 5 a vraiment bien changé. C’était un trou où l’on pouvait se reposer. Maintenant, c’est vraiment l’un des plus durs sans obstacle. Il faut faire deux bons coups, c’est un vrai trou de golf. J’aimais beaucoup l’ancien 6, surtout avec les spectateurs qui étaient tout autour du green. On va dire que ça me va comme il est aujourd’hui, mais j’aimais bien l’ancien.
G.P. : Que vous inspire le champ proposé cette semaine à l’Open de France ? Est-ce qu’il prouve que le plus vieux tournoi d’Europe continentale doit proposer des champs de ce niveau chaque année ?
M.C. : C’est vraiment top d’avoir ces joueurs ici. Je pense qu’on a un très bon champ cette année, comme l’année dernière, avec des stars qui viennent. Je pense que la Fédération fait un super travail. Le fait que des joueurs de Ryder Cup se déplacent pour venir ici montre la qualité du parcours et la qualité du tournoi. C’est super pour nous de les avoir. Cela permet aux jeunes joueurs d’apprendre plus vite. C’est plus facile de se familiariser avec le plus haut niveau quand on est directement confronté à ces joueurs. Ce serait bien que ça perdure dans le temps et que le tournoi prenne encore plus d’ampleur.
G.P. : En raison du conflit au Moyen-Orient, la finale de la Race to Dubai pourrait être délocalisée dans le sud de l’Espagne. Quel est votre sentiment par rapport à cette éventualité ?
M.C. : Je pense que je suis pour aller jouer à Dubaï. Je pense que jouer une finale de la Race to Dubai, pas à Dubaï, ce n’est pas vraiment une finale de la Race to Dubai. Après, je fais forcément confiance au Tour. S’ils décident qu’on aille jouer là-bas, c’est qu’il n’y aura aucun risque et que l’on pourra y aller jouer. S’ils décident qu’on ne peut pas y aller, c’est qu’on ne peut pas y aller. Et dans ce cas-là, ce sera très bien de le faire en Espagne. Je pense qu’il n’y aura pas de bon ou de mauvais choix. Il faut simplement jouer là où ils vont nous dire de jouer.
Alors pourquoi pas retrouver l’ambiance du Tour aussi sur le PGA Tour, avec d’autres Français ?
Martin Couvra
G.P. : Vous étiez en équipe de France avec Tom Vaillant, Oihan Guillamoundeguy et Julien Sale, et vous allez vous retrouver tous les quatre sur le DP World Tour l’an prochain. Qu’est-ce que cela vous procure ?
M.C. : Je pense que c’est le travail que nous avons tous fourni durant nos années en tant qu’amateurs qui nous a permis d’être là. Nous avons tous eu des chemins différents au final, mais nous nous retrouvons tous ici et je pense que c’est le principal. Il y a aussi Maxence Giboudot qui pousse sur l’HotelPlanner Tour et avec qui j’ai passé beaucoup de temps en équipe de France. C’est vraiment génial que nous soyons tous réunis. C’était vraiment notre rêve d’enfant à tous de réussir à atteindre ce niveau.
G.P. : Vous rêvez de PGA Tour. Cette camaraderie semble bien moins importante sur le circuit américain. Est-ce que cela vous fait peur d’une certaine façon ?
M.C. : Ça peut être difficile. Je pense qu’on l’a vu avec tous les Européens qui partent là-bas. Après, c’est simplement une organisation un peu différente à avoir et, surtout, il faut revoir où sont ses objectifs. Si on veut jouer parmi les meilleurs joueurs du monde, je pense que c’est sur le PGA Tour qu’il y a les meilleurs joueurs du monde. C’est donc là-bas qu’il faut aller.
Forcément, c’est un style de vie un peu différent, mais je pense que, malgré tout, lorsqu’on arrive à un certain niveau, on voit quand même tous les gars qui reviennent jouer en Europe sur la fin de saison, après la finale de la FedExCup. Ce n’est donc pas comme si on était coupé du monde toute la saison. Il y a des tournois où l’on peut revenir en Europe. Il y a plein de petites choses qui permettent de garder un peu cette ambiance-là. Et puis, le but, c’est quand même qu’il y ait beaucoup de Français là-bas. Alors pourquoi pas retrouver l’ambiance du Tour aussi sur le PGA Tour, avec d’autres Français ?
©Luke Walker / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP













