Après une brillante carrière amateure et une trajectoire professionnelle stoppée par la maladie en 1999, Olivier Edmond s’est très rapidement orienté vers le partage d’expérience, de la PGA France à l’enseignement en France, au Canada et au Maroc. DTN de la Fédération Royale Marocaine de Golf pendant près de dix ans, le meilleur débutant de l’année du DP World Tour 1998 vient de lancer sa nouvelle académie au Samanah Golf Club de Marrakech.
D.C.,
Brillant golfeur amateur, Olivier Edmond remporte le titre de champion de France 1990 et représente la France au Eisenhower Trophy (le championnat du monde amateur), aux côtés notamment de Christian Cévaër, futur joueur lui aussi du Tour européen, pour une belle quatrième place finale. «On avait un super capitaine avec Sven Boinet. On était jeunes et on découvrait le monde. On partait jouer en Nouvelle-Zélande… Dans l’équipe des États-Unis, il y avait David Duval et Phil Mickelson notamment. Ça reste une expérience exceptionnelle.»
(Olivier Edmond et Sven Boinet)
Un championnat du monde… professionnel cette fois
Après plusieurs saisons d’apprentissage du monde professionnel sur le Challenge Tour (aujourd’hui HotelPlanner Tour), le Parisien voit sa carrière prendre une nouvelle dimension en rejoignant le DP World Tour en 1997. «J’ai eu un déclic avec l’intervention de David Leadbetter et j’ai commencé à tutoyer le haut niveau. C’était très intéressant de fréquenter les meilleurs golfeurs du monde pour s’en inspirer et comprendre ses propres limites.» Il sera même sélectionné pour représenter l’équipe de France à l’Alfred Dunhill Cup 1998 (la Coupe du monde par équipe, professionnelle cette fois). Une compétition où il côtoie à nouveau les meilleurs golfeurs du monde.
«À la Dunhill Cup, c’était irréel avec des matchs face à Retief Goosen, Nick Price… et avec des partenaires que je continue de côtoyer encore maintenant. C’était un grand privilège d’avoir Jean Van de Velde pour me donner des conseils et Michel Besanceney qui était capitaine, alors qu’il aurait tout à fait pu être joueur. Être avec ces gars toute la journée, ça permet de comprendre pas mal de choses, notamment en terme de stratégie. Ça rend ambitieux aussi de jouer contre les meilleurs du monde et ça donne envie de s’entraîner encore plus pour essayer de s’en rapprocher.»
Une trajectoire stoppée nette par la maladie
Couronné débutant de l’année 1998 (Martin Couvra lui a enfin succédé la saison dernière), la maladie vient soudain stopper Olivier Edmond dans sa trajectoire ascendante. Une cancer qui compromet sa carrière sportive… et remet même sa vie en question. «J’ai été débutant de l’année 1998 sur le DP World Tour et c’est clair que c’était une belle période de ma vie. Je progressais régulièrement et j’avais une belle trajectoire tracée devant moi avec un encadrement super comme Patrice Barquez notamment. J’ai fini deuxième de l’Open de France 98 aux côtés de Bernhard Langer, à un coup de Sam Torrance après un joli 67 le dimanche. C’était une année exceptionnelle pour moi. L’année suivante a été très pénible et tout a basculé. On m’a diagnostiqué une maladie et je ne savais pas de quoi serait fait mon avenir, voire même s’il y aurait un avenir tout court. Ça m’a obligé à voir les choses différemment et à m’interroger sur l’effet du mental sur notre destin. J’avais fait beaucoup de sport toute ma jeunesse et mon corps était un outil fantastique. Et là il m’a lâché tout d’un coup. Ensuite, il a fallu gérer le retour après la maladie. Ce ne sont pas des périodes sympas. Mais c’est ce qui m’a construit comme je suis aujourd’hui. Ça m’a obligé à chercher des solutions différentes des chemins classiques et à me reconstruire autrement. J’ai aussi appris à ne plus me centrer uniquement sur moi, mais à m’ouvrir beaucoup plus aux autres. Cette épreuve a forcément eu un impact sur qui je suis et ce que je fais aujourd’hui.»
(Avec la Coupe Brabazon en 1990. Crédit P. Sheldon)
Président de la PGA France avant d’aller au Canada
De retour sur le circuit professionnel, il peine à retrouver son niveau de la fin des années 90. Et après plusieurs saisons décevantes, il décide de mettre un terme à sa carrière en 2003. Très rapidement, il décide de débuter une nouvelle aventure, tournée vers les autres, avec la PGA France comme première expérience, avant de s’orienter vers des destinations plus exotiques. «Michel Besanceney était président de la PGA France et il m’a demandé si je voulais lui succéder. J’ai accepté. On a travaillé pour que les joueurs français soient bien plus considérés qu’à notre époque et c’est indéniablement le cas maintenant. J’ai l’impression qu’on y a participé à notre échelle et c’est une belle réussite. J’ai eu rapidement envie d’aller à l’étranger pour comprendre d’autres façons de travailler. J’avais déjà mon diplôme d’entraîneur, mais je voulais voir d’autres façons d’appréhender le rapport aux autres. Au Canada, on est par exemple beaucoup plus positifs en mettant l’accent sur ce que les joueurs font déjà de bien. J’ai beaucoup appris là-bas et ça a beaucoup influencé ma manière d’enseigner.»
Le Maroc, une nouvelle maison
Après le Canada, où il bat au passage quelques records de parcours, le Maroc, qu’il a découvert comme joueur dès l’adolescence, lui ouvre les bras, jusqu’à lui permettre de briguer le poste de Directeur Technique National. «J’ai découvert le Maroc à 14 ans et j’avais déjà adoré. Plus tard, j’ai joué le Trophée Hassan-II qui est un événement fantastique. Dans les moments difficiles pour moi, le Maroc m’a accueilli pour que je m’entraîne l’hiver. J’avais très envie de travailler au Maroc et je m’y plais beaucoup. Ce n’est plus une destination touristique, c’est une maison. C’était une superbe expérience de faire progresser le golf marocain. Ines Laklalech qui gagne l’Open de France, c’est fantastique et très symbolique. C’est beaucoup d’émotion. Adam Bresnu a aussi brillé aux États-Unis. C’est un garçon qui a été formé longtemps en France. Il a vu ce que le Maroc pouvait lui apporter à un moment de sa carrière. Il est encore au tout début. Les portes sont grandes ouvertes, mais il reste encore beaucoup de travail. Il a de l’ambition et le goût de l’effort pour y arriver. On ne crée pas un champion. On le découvre et on l’aide comme on peut. Mais on ne peut que l’accompagner. C’est au champion de faire le travail pour que son talent se transforme en réussite.»
Une académie au Samanah Golf Club
Directeur Technique National à la Fédération Royale Marocaine de Golf de 2018 à 2026, Olivier Edmond met maintenant toutes les expériences qu’il a pu engranger au service des joueurs de tous niveaux au sein de son académie de la EDMOND PERFORMANCE. Installé au Samanah Golf Club à Marrakech, sur un parcours dessiné par Jack Nicklaus, le Parisien propose sa propre idée de l’enseignement et du partage avec son pôle d’enseignement Edmond Performance, aidé par les outils technologiques comme un practice connecté Trackman. La condition physique et le mental, nécessaires pour briller et progresser à tous les niveaux, font partie intégrante du programme d’enseignement. Olivier Pauly, spécialiste de la préparation physique des sportifs de haut niveau, ainsi que l’expertise technique d’Abderrahman Aït Chergui et Isabelle Meichelbeck avec son approche mentale psychosociale, particulièrement adaptée aux jeunes sportifs. Edmond Performance propose ainsi plusieurs axes de formations comme Connect Your Kids et Sport Formation Management.
(Abderrahman Aït Chergui, Olivier Pauly et Olivier Edmond)
En tant qu’enseignant, on essaye de trouver des méthodes qui conviennent au plus grand nombre, en s’adaptant à chaque élève
Olivier Edmond
«Les grands champions ont déjà tout pour réussir. Même s’il faut beaucoup de travail pour arriver à l’exprimer au plus haut niveau. L’idée, c’est de permettre à ces futurs champions de bien travailler, mais surtout à tous les autres de coller à qui ils sont, plutôt que d’aller copier des champions qui sont complètement différents d’eux. Sans les dénaturer et en respectant qui ils sont. Il faut adapter l’enseignement à la personne qu’on a en face de soi. Si on a un élève qui joue une fois par semaine et un autre qui donne sa vie au golf et qui s’entraîne 350 jours par an, ce n’est pas la même chose. Il faut s’adapter à l’ambition des gens, à leurs possibilités physiques… On participe à ce que les joueurs de tous niveaux puissent partager une passion commune. En tant qu’enseignant, on essaye de trouver des méthodes qui conviennent au plus grand nombre, en s’adaptant à chaque élève.»
«Connect Your Kids s’adresse à tous les sportifs et pas uniquement aux golfeurs. On veut aider les jeunes à développer leurs aptitudes, à gérer le stress et à mieux se connaître pour être plus performant. Quand on voit les soucis de sédentarité des jeunes et même d’obésité… il faut leur permettre de trouver un équilibre, sans forcément penser à la performance. Trouver un équilibre, c’est déjà une performance ! Quand au volet Sport Formation Management, il apporte des conseils aux clubs, avec des formations destinées aux coachs pour les aider à transmettre et échanger. En plus de l’académie au Samanah Golf Club de Marrakech, nous proposons également des stages estivaux en France, en réunissant toutes les compétences d’Edmond Performance pour un enseignement global.»
Photos : Olivier Edmond, sauf mention


















