Le 45e congrès de l’Association des Directeurs de Golf de France au Golf International de Pont-Royal a marqué le passage à la nouvelle génération, avec l’élection de Nathanaël Pietrzak-Swirck à la tête de l’ADGF, pour succéder à Jean-Franck Burou. L’héritage et la transmission restent au centre du nouveau Projet Ambition 2027-2029 incarné par le nouveau comité. L’institution est plus que jamais soutenue par la Fédération Française de Golf qui est venue en force avec notamment son président Pascal Grizot qui faisait son grand retour au congrès.
Comme tous les ans, le congrès de l’ADGF a permis aux directeurs de golf de se réunir pour échanger leurs problématiques, exposer leurs particularités et réfléchir à d’éventuelles solutions. Pour le 45e congrès, le président de la Fédération Française de Golf a fait un retour remarqué après de nombreuses années d’absence, preuve du rapprochement entre l’ADGF et la FFG. Le Golf International de Pont-Royal a proposé un cadre magnifique à ces quelques jours de rencontres et de travail entre les acteurs de la filière et les partenaires, bercés par le soleil du Lubéron et mis sur orbite par le manager du Stade Toulousain Ugo Mola dès le lundi après-midi, pour le plus grand bonheur du Toulousain Fabien Soussirac, vice-président de l’ADGF et de Pierre Chevallier, directeur des organisations. «C’est la deuxième fois que j’organise cet événement avec Kalika, expliquait le Parisien à la sémillante moustache. On a eu à peu près 110 membres actifs présents sur les trois jours de congrès, avec un record de 160 personnes pour la soirée de gala mardi. L’année prochaine, ça va se dérouler en Andalousie. On essaye de garder le rythme de deux éditions en France et un édition tous les trois ans à l’étranger, pour découvrir une autre façon de travailler».
Le Golf International de Pont-Royal comme terrain de jeu et de travail
Des tables rondes d’échange et de travail ainsi que de nombreuses nombreuses interventions des différents partenaires ont permis aux directeurs de golf d’échanger leurs problématiques et de proposer des solutions, avec l’aide discrète de l’IA, ou plus spectaculaire comme les solutions techniques proposées par les tondeuses Toro.
Le traditionnel duel nord-sud a également permis aux directeurs de golf de s’affronter dans la convivialité sur leur lieu de travail commun : le parcours de golf ! C’est sur le Golf International de Pont-Royal dessiné par Severiano Ballesteros et dirigé par Thibault Sampoux que se sont déroulées les joutes sportives et verbales. «Jean-Franck Burou m’a demandé lors du congrès précédent si ça m’intéressait d’organiser l’édition 2026. J’ai accepté et les équipes se sont mises en mode Hopps Open de Provence (ndlr : le tournoi de l’HotelPlanner Tour organisé pendant cinq éditions entre 2018 et 2023 ans à Pont-Royal). On avait envie de montrer aux gens du métier qu’on fait les choses bien. J’étais délégué de région PACA et j’ai souhaité m’impliquer dans l’association en soumettant ma candidature au vote du comité qui l’a acceptée. J’adore le métier de directeur de golf et je veux le défendre et le valoriser. Le métier est de plus en plus complexe et il faut savoir s’adapter à toute les situations.
Sur un plan plus personnel, le Golf International de Pont-Royal a remporté quatre ans de suite un titre aux World Golf Awards de 2021 à 2024. On était depuis pas mal concentré sur le rachat du restaurant notamment. Le fait d’accueillir l’ADGF nous a permis de nous recentrer sur le parcours et on est maintenant à niveau pour aller regagner notre titre. On veut la cinquième étoile sur le maillot !», s’enthousiasmait le successeur de Jérôme Lauredi. L’édition 2026 était donc l’occasion de renouveler une partie du comité, ainsi que le poste de président, dont le nouveau récipiendaire propose un profil inattendu.
Un nouveau président au profil atypique
Nathanaël Pietrzak-Swirck va donc présider le comité de l’ADGF lors des trois prochaines années. Le jeune homme de tout juste 40 ans propose un profil inédit puisqu’en plus de sa jeunesse, il est issu d’une structure privée… et qu’il n’est pas directeur de golf. «Je sais qu’il y a au moins trois points qui ont fait hésiter mes collègues de l’ADGF. Je suis plutôt jeune parce que j’ai 40 ans. Je viens également du groupe Duval UGolf & Bluegreen et c’est la première fois à ma connaissance qu’un président de l’ADGF est issu d’un groupe privé. Et je ne suis pas directeur de golf mais DG de UGolf international. Mais je sais faire la part des choses et je travaille pour la filière. Le comité est d’ailleurs très représentatif de tous les types de golfs de France. Et même si je suis jeune, je n’oublie pas l’héritage et la transmission. Nous avons d’ailleurs souhaité mettre en avant nos anciens et nos plus jeunes directeurs de golf pour un échange très intéressant autour de l’évolution du métier.»
L’héritage de Jean-Franck Burou et tous ses prédécesseurs
Si une nouvelle page se tourne, l’héritage est maintenant porté par les anciens directeur au rang desquels figure désormais Jean-Franck Burou, fraîchement nommé président d’honneur après deux mandats successifs de 2021 à 2026. Le directeur du Golf de Saint-Nom-la-Bretèche, qui a accueilli l’Open de France 2025, laissera une marque indélébile au sommet de l’association, tout comme Denis Fabre avant lui, qui avait effectué trois mandats. «Je suis membre de l’ADGF depuis 2001. J’ai passé dix ans au comité, dont six ans en tant que président. Quand je suis arrivé, j’étais jeune directeur de golf et j’attendais de l’association d’acquérir un maximum d’expérience en ayant un échange privilégié avec les anciens au sein de l’ADGF. Je sais que cette transmission va perdurer et que l’héritage va se prolonger. C’est à nous maintenant de transmettre aux jeunes ce que nous avons appris de nos aînés et de notre propre expérience. Le métier change, notamment avec les contraintes environnementales et l’émergence de l’Intelligence Artificielle. C’était le bon moment pour moi de céder la place aux jeunes.»
Un nouveau projet porté par un nouveau comité
Initialement baptisé Projet Ambition 2027-2029, le nouveau projet a finalement tenu à saluer l’héritage du comité précédent qui avait déjà commencé à oeuvré sur certaines thématiques en s’intitulant Projet Ambition 2026-2029. Une nouvelle fois, la transmission et la tradition restent de mise, avec des garants comme Pierre Pouchain, toujours présent sans discontinuer depuis la création de l’ADGF en 1981, et Bernard Pascassio, premier président de l’institution. «Dans un souci de clarification et de transparence, j’ai proposé un Projet Ambition 2026-2029 avec trois piliers : le recrutement, la formation et la défense des directeurs de golf. Au niveau de la formation initiale, on a un bon produit avec la formation proposée par l’AIMG (Académie Internationale des Métiers du Golf). Mais on a un souci de formation continue et il faut réussir à former nos directeurs de golf tout au long de leur carrière. Le pilier du Networking est fondamental également avec le besoin de clarifier et de comprendre le métier de directeur de golf en échangeant régulièrement. Et enfin l’organisation d’événements et notamment des compétitions sportives.»
faciliter l’accès de l’ADGF aux jeunes passionnés
qui ont envie de travailler dans l’industrie du golfNathanaël Pietrzak-Swirck
Composée de 280 membres actifs, l’ADGF a l’ambition de continuer de grandir pour peser encore plus dans les décisions à tous les niveaux. «Nos moyens sont faibles individuellement, mais ils sont forts quand on mutualise. On a identifié 200 directeurs cibles qui ne sont pas encore à l’ADGF, rappelait-il. Il faut les convaincre. Une phrase a été prononcée pour dire que dans cette association « tu y trouveras ce que tu y emmèneras toi-même ». Il faut leur donner envie de venir pour échanger au sein de l’association. Il faut faciliter l’accès de l’ADGF aux jeunes passionnés qui ont envie de travailler dans l’industrie du golf. On est là avec la Fédération Française de Golf pour les aider à trouver le chemin jusqu’à nous.»
La Fédération Française de Golf et l’ADGF renforcent leurs liens
Alors que la Fédération Française de Golf et l’Association des Directeurs de Golf de France avaient pris leurs distances au tournant du siècle, ces dernières années avaient laissé paraître un rapprochement entre les deux institutions. La présence au Golf International de Pont-Royal de Pascal Grizot, président de la FFG, témoigne de la volonté de faire bloc derrière les directeurs de golf comme le rappelait Nathanaël Pietrzak-Swirck. «La présence de Pascal Grizot qui n’était pas venu depuis plusieurs années prouve qu’il y a une volonté commune et on est donc sur une bonne dynamique. Maintenant que la relation est normalisée, on va passer à une phase de construction pour la formation.» Un enthousiasme partagé par le président de le FFG.
La Fédération doit être moteur dans cet écosystème solidaire avec les directeurs de golf.
On est tellement plus fort quand on parle d’une seule voie
pour aller dans une même direction.Pascal Grizot
«Il y a différents acteurs au sein de la filière golf. Et la FFG est au centre avec plein d’associations qui gravitent autour, dont l’ADGF. Je dis bien que la Fédération est au centre et pas au-dessus. Dans fédération il y a le mot fédérer. Et on doit être unis pour être plus fort. Je me souviens d’une époque ou les relations entre la FFG et l’ADGF n’étaient pas au beau fixe. Et pour réussir il faut qu’on soit capable de parler d’une seule voix. Le rôle du directeur de golf est fondamental parce que quand il est bon, il parvient à rassembler les énergies et à bien gérer la structure. Mais il a besoin aussi de bons pros, de bons greenkeepers, de bons jardiniers, de bons administratifs… Si on veut faire briller le golf français, il faut que l’ensemble des filières soient unies et bien formées.
On est dans une période compliquée économiquement. Les Français doivent faire des arbitrages et ce sont principalement les loisirs qui en pâtissent. Le vieillissement des golfeurs est une autre problématiques majeure. Aurélien Didier (directeur du pôle développement) et Gilles Paris (Vice-président de la FFG) travaillent également avec les directeurs de golf pour tenter de trouver des solutions. Les questions environnementales sont également très présentes dans les discussions. Pour obtenir des dérogations de l’utilisation stricte de la loi Labbé, la FFG, l’AGREF et d’autres entités ont porté la voix des directeurs de golf pour les défendre auprès des politiques. La fédération doit être moteur dans cet écosystème solidaire avec les directeurs de golf. On est tellement plus fort quand on parle d’une seule voie pour aller dans une même direction.»
L’an prochain, le congrès de l’ADGF se déroulera en Andalousie, sur les terres du pays d’Europe continentale qui est probablement le plus dynamique golfiquement. Un modèle certainement inspirant pour les directeurs de golf de l’ADGF et également pour la FFG qui pourra accompagner le 46e congrès avec de nouveaux projets pour faire évoluer la pratique du golf en France, grâce à l’enthousiasme des directeurs de golf.
















