Ce PGA Championship 2026 aura déjoué tous les pronostics. L’Anglais Aaron Rai, 31 ans, un homme discret, au palmarès plutôt modeste, a vaincu le redoutable parcours d’Aronimink et une meute de champions à ses trousses pour s’adjuger son premier majeur. Cette victoire du 44e mondial est dans la lignée d’un tournoi où les surprises ont été légion par le passé. Jon Rahm et Rory McIlroy n’ont pas fini très loin, mais il leur a manqué un peu de folie dans ce dernier tour.
A ses trousses, il y avait le vainqueur du Masters. Et un Suédois au swing d’acier. Et un Espagnol surnommé ‘Rahmbo’ forcément inspiré à Philadelphie au pays de Rocky Balboa. Mais sur le parcours de l’Aronimink Golf Course, le placide Aaron Rai, un Anglais de 31 ans au palmarès jusque là plutôt modeste, qui comptait une victoire sur le PGA Tour et trois victoires sur le DP World Tour, a battu haut la main toute la concurrence.
Homme discret et humble, joueur peu expressif, Aaron Rai est un golfeur solide dans tous les compartiments du jeu. Sans génie, mais méthodique, précis, patient. Sa principale caractéristique est… qu’il porte deux gants noirs pour jouer. Ce grand calme entre pourtant dans l’histoire du jeu, par la grande porte, pour le plus grand plaisir du golf européen.
Jamais les deux premiers majeurs de l’année n’avaient consacré deux Européens. Après McIlroy, voici donc venu Aaron Rai.
Une ficelle irréelle pour achever le suspense
S’il fallait une preuve du calme d’Aaron Rai, il suffit d’observer sa réaction quand il a rentré un putt de 22 mètres pour birdie, sur l’avant -dernier trou, pour achever un suspense déjà éteint. Son avance est alors passée de trois à quatre coups. Et il n’a pas bronché.
UNBELIEVABLE FROM AARON RAI. 🤯
— PGA Championship (@PGAChampionship) May 17, 2026
He drains a 70-footer at the 17th to move to 9-under and open up a three-shot lead with one hole to play.#PGAChamp pic.twitter.com/9CLcqoVXJ7
Sa victoire est une surprise majeure, dans la lignée des triomphes inattendues dans ce PGA Championship, décidément le tournoi majeur favori pour les histoires de conte de fées. Shaun Micheel en 2003 était 169e mondial lors de sa victoire. Keegan Bradley était 108e à l’OWGR en 2011 quand il a gagné. Y.E Yang était 110e quand il a terrassé Tiger Woods en 2009. Et John Daly en 1991 était carrément non classé, et initialement 9e remplaçant du champ de joueurs…
Attention, Aaron Rai n’est pas un inconnu. Il est 44e mondial. Mais avant ce jour de grâce, le mari de l’excellente joueuse indienne Gaurika Bishnoi n’avait jamais fait mieux qu’une 19e place en Grand Chelem.
L’Anglais résident en Floride a débuté ce dernier tour en deuxième position, à deux coups du leader Alex Smalley. Quand le longiligne américain est parti à la faute au trou n°6 (double bogey), c’est son partenaire de jeu en dernière partie, l’Allemand Matti Schmid, qui a pris le relais en tête. Mais pas pour longtemps, car l’homme au long putter a trébuché sur le trou n°10.
Un eagle au 9 qui change tout
A cet instant, Justin Thomas, rentré à au club house à -5 trois heures plus tôt grâce à un superbe 65, pouvait encore croire à la victoire. Car personne, et surtout pas les cadors, ne semblait vouloir s’échapper en tête de ce tournoi.
Le leaderboard complet
Rory McIlroy ? En panne totale de driving (4 fairways, une misère), il s’est contenté de deux birdies et d’une litanie de pars, tant ses mises en jeu dans le rough l’ont empêché d’attaquer les drapeaux. Ludvig Aberg, si précis dans le grand jeu ? Son putting a frôlé l’indigence. Cameron Smith, enfin à la fête après six cuts manqués en majeur d’affilée ? Il semblait en mesure de réussir un ‘come back’ de l’arrière comme JT, mais il a coincé dans le final.
Non, c’est bien le sans-grade Aaron Rai (on exagère un peu) qui s’est libéré après un putt pour eagle au 9 qui a complètement changé la face de son tournoi.
Aaron Rai eagles the 9th to move to 5-under, just one shot off the lead. 🦅👀#PGAChamp pic.twitter.com/N1QtcqDLn2
— PGA Championship (@PGAChampionship) May 17, 2026
Revenu en tête à la faveur de ce petit exploit, libéré (rien n’a jamais transpiré sur son visage impavide), le natif de Wombourne, lancé sur des bons rails si l’on ose ce mauvais jeu de mots, s’est échappé avec des birdies au 11 et au 13.
Aaron Rai moves to 7-under with a birdie at the 13th to open up a two-shot lead at Aronimink.#PGAChamp pic.twitter.com/KPLsmCFJe7
— PGA Championship (@PGAChampionship) May 17, 2026
Dès lors, il ne restait plus grand monde pour espérer l’inquiéter. Matti Schmid s’est accroché. Et Jon Rahm a tout donné. En vain.
McIlroy sans driving, Rahm sans magie
Le Basque a longtemps espérer devenir le premier Espagnol à gagner ce PGA Championship et surtout à retrouver la victoire en majeur. Mais il lui a manqué un soupçon de précision au drive ou un putt longue distance pour enflammer la foule, un peu plombée par les errements de Rory et l’absence de joueur américain dans le coup pour la gagne (même si Smalley a arraché un podium sur la fin).
Quand Aaron Rai a assuré un birdie sur le par 5 du 16 grâce à une séquence parfaite drive-fer 5 plein green, que Matti Schmid est parti à la faute au 15, la messe était dite.
Aaron Rai a parachevé ce final époustouflant (avec les 10 derniers trous joués en -6) par ce putt irréel du 17. Il a réussi là où les stars ont échoué à Aronimink : trouver les fairways, attaquer les drapeaux attaquables, et ne pas commettre de bévues sur les greens.
L’Angleterre à la fête
Si le driving défaillant a coûté la victoire à Rory McIlroy, c’est le putting trop fragile qui a précipité l’échec de Scottie Scheffler. Le n°1 mondial a vécu un cauchemar sur les greens, toute la semaine ou presque. Il termine quand même au 14e rang. Sans putting. C’est fort.
Avec aussi Justin Rose, auteur d’un nouveau top 10 en majeur, avec aussi les frères Matt et Alex Fitzpatrick, le golf anglais fait vraiment l’actualité cette année. Depuis 1919, jamais un sujet de sa Majesté n’avait gagné le PGA Championship. L’erreur est réparée.
Par un joueur que l’on n’attendait pas. Par un joueur qui a terminé le tournoi en grand champion.
Le leaderboard

Photo DAVID CANNON / David Cannon Collection / Getty Images via AFP


















