Le troisième tour du PGA Championship a redistribué les cartes. Les cadors se sont rapprochés tout près de la tête. L’Américain Alex Smalley est seul en tête avec deux coups d’avance, mais Rory McIlroy poursuit sa folle remontée, Jon Rahm peut devenir le premier Espagnol à gagner ce tournoi et Ludvig Åberg peut rêver d’une première victoire en majeur. Scottie Scheffler est un soupçon décroché pour espérer un doublé. Ce samedi a été riche en rebondissements sur le parcours de l’Aronimink Golf Club. Ce dimanche s’annonce encore plus explosif !
Peut-être le (petit) coup de gueule de Scottie Scheffler et de Rory McIlroy, la veille, a eu son petit effet. Les n°1 et n°2 mondiaux s’étaient émus conjointement, à leur façon, de la préparation du parcours de l’Aronimink, spécialement lors du 2e tour. La PGA of America semble les avoir entendus. Ce samedi, les birdies ont été bien plus nombreux en Pennsylvanie, et le spectacle a été plus réjouissant à suivre, avec des drapeaux plus accessibles et deux par 4 rendus ‘drivables’.
Et comme par hasard, ça a plutôt profité aux ténors qui ont pour beaucoup réussi un joli rapproché au leaderboard. Le classement est toujours aussi serré que lors des deux premiers tours, mais davantage de très grands noms sont désormais sur la première page de lecture.
Rory McIlroy peut presque se pincer pour y croire, mais oui, il n’est qu’à trois coups de la tête. Le vainqueur du Masters était dans les cordes jeudi midi, il est désormais dans le coup pour la victoire, à la faveur d’un superbe 66 (-4). Sa journée aurait pu être encore plus flamboyante sans un finish un soupçon décevant (par sur le par 5 du 16, bogey sur le 17).
Smalley, un leader discret face aux chasseurs stars
Tandis que le Nord-Irlandais patientait au chaud à -3 au club house (à moins qu’il ne se soit infligé une nouvelle séance de practice tardive comme le samedi du Masters), on attendait avec curiosité de connaître l’identité des hommes qui allaient prendre de l’air sur lui. Mais personne n’a réussi l’échappée belle. Personne sauf… le discret Alex Smalley, l’un des leaders de vendredi soir, pourtant très mal parti ce samedi.
Avec trois bogeys lors de ses quatre premiers trous, le joueur de Rochester semblait hors du coup. Mais l’Américain de 29 ans a réussi un retour d’enfer tandis que le vent chutait peu à peu en fin de journée. Ses cinq birdies entre les trous 10 et 16 lui offrent la tête en solo. Et un dernier birdie au 18, d’un superbe putt, lui a assuré un petit matelas de deux coups d’avance.
A birdie on 18 & brilliant back nine. Alex Smalley will head into the final round with a two-shot lead. #PGAChamp pic.twitter.com/b0vpS7pMBM
— PGA Championship (@PGAChampionship) May 16, 2026
Est-ce un cadeau pour ce joueur méthodique, au palmarès vierge de toute victoire sur le PGA Tour ? On peut en douter tant la meute à ses trousses est impressionnante. Trente joueurs sont sous le par et à cinq coups ou moins de Smalley !
Au deuxième rang, ils sont cinq. On retrouve là l’inattendu anglais Aaron Rai, qui aurait pu être seul deuxième sans un bogey au 18. Tout comme Jon Rahm, le porte-drapeau de ce qui reste du LIV Golf, qui peut devenir dimanche le premier Espagnol à gagner le PGA Championship. Le double vainqueur en majeur a rendu un solide 67 pour se placer à -4.
Aberg, Rahm, McIlroy, Schmid, des Européens en embuscade
A leurs côtés figurent deux autres Européens, Ludvig Åberg et l’étonnant allemand Matti Schmid, qui a pris le relais de ses compatriotes Martin Kaymer et Stephan Jaeger (leaders jeudi soir). Le Suédois, lui, va-t-il conquérir dimanche son premier majeur, à 26 ans ? L’exigence de ce parcours dans le grand jeu fait de lui l’un des favoris. Mais il ne faut pas oublier le Canadien Nick Taylor, auteur d’un sublime 65 vierge de tout bogey.
Et puis à trois coups donc de Smalley donc, ils sont quatre. Et y a du lourd, très lourd. Rory McIlroy donc. Xander Schauffele aussi, vainqueur de ce tournoi il y a deux ans. Et un vainqueur du Masters, Patrick Reed, l’homme fort du DP World Tour en 2026. Accompagné d’un autre Américain, Maverick McNealy.
La densité du leaderboard est assez dingue. Un peu plus loin, à -2, on retrouve d’autres noms ronflants : Hideki Matsuyama, Martin Kaymer, Justin Rose, Cameron Smith, Brian Harman ont tous été déjà sacrés en Grand Chelem.
Et Scottie Scheffler ? Il manque un peu à l’appel avec une carte décevante de +1, ce samedi, due surtout à un putting en berne. Mais le n°1 mondial n’a sûrement pas dit son dernier mot. Lui aussi est sous le par. Comme un autre blockbuster en majeur, Brooks Koepka.
Les seuls vrais perdants du jour sont le n°3 mondial Cameron Young (+2, dans le par total) et le double vainqueur du tournoi Justin Thomas. Ce dimanche s’annonce passionnant près de Philadelphie. Alex Smalley tient pour l’instant le rôle du jeune premier, mais les oscarisés qui veulent lui voler la vedette sont nombreux…
Photo Maddie Meyer/PGA of America
















