Pour sa première participation à l’Open de France, Ludvig Åberg arrive pourtant en terrain familier. Le Suédois connaît déjà bien le parcours et conserve notamment de précieux souvenirs des Jeux olympiques de Paris 2024, disputés ici même. À l’aube d’une nouvelle semaine de compétition, l’actuel 18e joueur mondial se montre enthousiaste à l’idée de retrouver un tracé qu’il apprécie particulièrement.
Frédéric PLISSON, au Golf National
« J’ai vraiment hâte d’être sur le tee de départ. Évidemment, j’ai souvent entendu Alex Noren (vainqueur en 2018) parler de ce parcours, donc, avant même de fouler ses fairways, j’en savais déjà un peu sur l’Albatros. Puis je l’ai joué en compétition et je l’ai vraiment apprécié… »
Une réponse claire à une première question dans une salle de presse du Golf National à l’écoute, dans laquelle les « stars » du golf mondial se succèdent en cette veille du 108e Open de France…
Il est très clair que pour le Suédois de 26 ans, le parcours de l‘Albatros possède toutes les caractéristiques nécessaires pour accueillir un grand rendez-vous : « Je pense que c’est un parcours qui est fait pour accueillir de très grands événements. Ça se voit à sa conception et à la façon dont les tribunes naturelles s’intègrent. » Et fait pour accueillir les meilleurs joueurs mondiaux… Témoin cette partie de gala que le Suédois partagera lors du premier tour dès 08h40, au départ du 10, avec Viktor Hovland et Matt Fitzpatrick.
Des souvenirs olympiques toujours très présents
Avant même de disputer son premier Open de France, Åberg a donc déjà foulé les fairways du Golf National à plusieurs reprises. Il y a notamment représenté la Suède lors des Jeux olympiques de Paris 2024, aux côtés d’Alex Noren justement, avec lequel il partage aujourd’hui encore une vraie complicité.
« Alex était effectivement mon coéquipier. Nous avons logé ensemble. Nous avons passé un très bon moment. C’était vraiment génial », se souvient-il.
Cette semaine olympique a laissé une impression particulière au jeune Suédois, alors âgé de 24 ans. L’atmosphère, notamment autour du dernier trou, reste gravée dans sa mémoire.
La remontée du 18, dans une ambiance incroyable, c’est un immense souvenir.
Ludvig Åberg
« La remontée du 18, dans une ambiance incroyable, avec tous ces drapeaux différents, c’est un immense souvenir. C’était une atmosphère assez différente de celle d’un tournoi classique. »
Il garde également en mémoire le départ du 1 et les deux premiers trous, dont la configuration donne au joueur une sensation particulière : « Le premier départ est également très impressionnant. Le 1 et le 2 donnent l’impression d’être dans une arène en contrebas. »
Un parcours modifié, mais toujours aussi exigeant
Depuis les JO de 2024, le Golf National a bien sûr connu plusieurs modifications. Les trous 4, 5 et 6 ont notamment évolué, tandis que le 15 a été rallongé. Des changements que Ludvig Åberg a observés avec attention.
« C’est un parcours où, évidemment, il faut jouer juste. On ne peut pas simplement bricoler son jeu et espérer s’en sortir sans conséquence », prévient-il.
Il poursuit… « Le trou n°4 est un par 4 exigeant en montée. Et ils ont rendu le fairway du 5 un peu plus large. Je trouvais que c’était déjà un très bon trou auparavant : on jouait un bois 3, puis on avait un petit coup de wedge. Mais, dans l’ensemble, il conserve les mêmes caractéristiques. »
Le 15, lui, demande désormais encore davantage d’attention. « Le fait de l’avoir rallongé oblige à être plus attentif, c’est certain. »
Mais c’est précisément cette exigence que le Suédois apprécie. « C’est un parcours que j’aime beaucoup, parce que si vous jouez bien, vous êtes récompensé. Si vous êtes moins bien, vous êtes aussitôt puni. »
Une philosophie qui correspond particulièrement bien à son approche du golf : analyser, décider et exécuter.
La Ryder Cup déjà dans un coin de la tête
Le Golf National reste également associé à un souvenir majeur du golf européen : la Ryder Cup 2018. À l’époque, il n’était encore qu’un adolescent. Il se souvient pourtant très bien de cet événement, qu’il suivait alors à la télévision.
« Je me souviens que 2012 est la première Ryder Cup que j’ai regardée. De 2010, je n’ai pas vraiment de souvenir. Mais à partir de 2012, j’ai clairement des souvenirs bien précis. Surtout de celle ici, au Golf National… »
Depuis, le Suédois est devenu un acteur majeur du golf européen et mondial. Il a déjà participé à deux Ryder Cup que Team Europe a remporté, à Rome et à New-York. On se rappelle d’ailleurs avec délice de son point décisif en simple à Bethpage. La prochaine édition, qui se déroulera à Adare Manor, en Irlande, commence d’ailleurs à prendre une place particulière dans les discussions entre Européens.
Ludvig Åberg a récemment passé quelques jours sur place avec ses coéquipiers et le capitaine Luke Donald. Une expérience qu’il a particulièrement appréciée.
« Adare Manor, c’est incroyable. C’est vraiment magnifique. Le parcours est dans un état exceptionnel, l’endroit est incroyable. Et je pense que la Ryder Cup là-bas sera vraiment très, très spéciale. »
Au-delà de la découverte du parcours, ces quelques jours ont surtout permis au groupe de se retrouver et de renforcer encore un peu plus les liens.
« C’était bien de tous nous retrouver. Nous avons dîné ensemble, passé du temps ensemble et, oui, c’était vraiment génial. On a l’impression que tout recommence un peu, et c’est sympa de pouvoir participer à ces moments. »
Une petite rivalité scandinave
Ces retrouvailles ont également donné lieu à une petite confrontation entre voisins nordiques. D’un côté, Åberg et Alex Noren pour la Suède. De l’autre, Viktor Hovland et Kristoffer Reitan, pour la Norvège.
« C’était Alex et moi contre Viktor et Kristoffer, et je peux même vous dire que nous avons gagné », glisse-t-il avec le sourire.
L’Open de France est un événement qui a une histoire incroyable.
Ludvig Åberg
Le numéro 4 de la FedEx arrive en France avec l’envie et l’espoir d’inscrire son nom au palmarès. Et il mesure parfaitement la dimension particulière de ces tournois historiques qui occupent une place importante sur le DP World Tour. Et notamment cet Open de France, le plus vieil Open de l’Europe continentale…
« C’est un événement qui a une histoire incroyable », lance-t-il.
Il a notamment pu mesurer l’importance l’Open pour son public et pour tous ceux qui participent à son organisation.
« On peut voir à quel point cela compte pour les gens ici. On voit aussi à quel point c’est important pour les membres du staff, ainsi que pour le parcours et tout ce qui l’entoure. »
Pour sa première participation officielle à l’Open de France, Ludvig Åberg entend donc avant tout profiter du cadre et se concentrer sur son jeu. Il connaît les exigences du parcours et sait que la moindre approximation peut coûter cher.
« Si je peux jouer ici, être performant et jouer à mon niveau, comme je sais que je peux le faire, nous verrons bien jusqu’où cela nous mènera. »
Une approche sobre pour un joueur qui connaît déjà les lieux, mais qui va cette fois découvrir une autre dimension du Golf National : celle de l’Open de France…
Photo : STUART FRANKLIN / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP














