Le plateau proposé cette semaine au Golf National repositionne l’Open de France en tant que rendez-vous « important » du Back 9 sur le DP World Tour. Le plus ancien tournoi d’Europe continentale (créé en 1906) et son site ayant accueilli plusieurs Mondiaux amateurs mais aussi la Ryder Cup et les Jeux olympiques pourraient encore faire l’actualité dans les prochains mois, les prochaines années.
L.V., au Golf National
Quatre joueurs du top 20 mondial, 10 du top 100, une demi-douzaine de joueurs du LIV Golf dont un récent vainqueur de The Open à St Andrews en 2022, le champ 2026 du FedEx Open de France redore le blason d’un tournoi plus que centenaire pourtant longtemps délaissé par les meilleurs golfeurs mondiaux. Quelle est la raison de ce regain d’engouement ?
« Le calendrier des joueurs, surtout ceux évoluant sur le PGA Tour, est actuellement favorable, souligne Pascal Grizot, le président de la Fédération française de golf. A ce titre, le Tour européen a vraiment joué le jeu. Il a réussi à convaincre des joueurs très importants de venir en France cette année (Ndlr, citons ici Tommy Fleetwood, Viktor Hovland, Matthew Fitzpatrick, Ludvig Åberg, Cameron Smith, les Américains Michael Kim, le tenant du titre, et Bud Cauley). Il faut s’en réjouir. Parfois, il faut lutter, les relations avec le Tour européen ne sont pas toujours faciles mais quand elles sont excellentes, il faut aussi le souligner. Je pense notamment ici à Ben Cowen (Chief Tournament Business Officer). Nos relations sont très bonnes depuis un an. C’est quelqu’un avec qui on peut parler, on a le droit de ne pas être d’accord, mais au moins on travaille et tout a été fait de façon constructive. »
Un spot pour The Open ? La FFG aux avant-postes
L’autre raison est évidemment la rénovation de ce parcours, menée pendant près de deux ans, qui lui confère un degré d’exigence supplémentaire, annonçant à n’en pas douter de nouvelles joutes épiques, notamment sur le final composé des trous 15 à 18, une sorte d’Amen Corner à la Française ayant fait plus d’une fois ses preuves, à l’image de cette Ryder Cup 2018 remportée avec brio par l’Europe du capitaine Thomas Bjørn.
« C’est incontestablement un point qui a joué », confirme Pascal Grizot. Ce dernier n’oublie pas d’ajouter aussi l’annonce faite par le Royal & Ancient quelques semaines seulement avant l’événement d’accorder un spot pour le prochain The Open à St Andrews (du 15 au 18 juillet 2027). Ce n’était pourtant pas gagné d’avance, le R&A ayant écarté d’un revers de main cette idée l’an passé, obligeant la Fédération française de golf de revenir à la charge. Bien lui en a pris !
L’European Tour restera-t-il le promoteur de l’Open de France ?
Promoteur de l’Open de France jusqu’en 2027 après avoir reconduit le contrat pour deux ans en 2025, le Tour européen sera-t-il encore aux manettes le 1er janvier 2028 ? Pascal Grizot nous éclaire là encore sur un dossier qui prendra évidemment de l’ampleur l’an prochain, année de Ryder Cup.
« Celui qui est le mieux placé pour pouvoir arriver à convaincre les joueurs de continuer à venir à l’Open de France, c’est évidemment le Tour européen, reconnaît le boss de la ffgolf. Maintenant, on aurait quelqu’un qui vient avec 20 millions de contrats et qui nous dit : « Je veux être le promoteur », même le Tour serait à mon avis très favorable à ce que ça se passe comme ça. Mais ça reste quand même très hypothétique. FedEx, le sponsor titre ? Ils sont évidemment intéressés pour rester. Roissy est leur plus grand hub en Europe. Mais je dois dire qu’on a un certain nombre de marques importantes qui peuvent être aussi intéressées. »
Je ne demande pas forcément qu’il y ait à chaque fois beaucoup de joueurs américains qui viennent. Mais ils seront à chaque fois les bienvenus.
Pascal Grizot
Le calendrier 2027 du DP World Tour a été dévoilé il y a quelques jours seulement, proposant à l’Open de France une nouvelle date. Du 9 au 12 septembre, toujours au Golf National évidemment. Il est toutefois placé juste avant la Ryder Cup à Adare Manor, en République d’Irlande. Ce qui laisse à penser qu’aucun gros poisson du Tour, aussi bien européen qu’Américain, ne posera son sac dans les Yvelines. Mais pour 2028, la fenêtre de tir semble très favorable.
« C’est important d’avoir des gros tournois en dehors des États-Unis, assène Pascal Grizot. Avec ce qu’a annoncé Brian Rolapp, le patron du PGA Tour, il y aura la place pour quelques gros tournois en Europe, donc en France, sachant que la saison principale aux Etats-Unis s’étalera de février à fin août. Mais de septembre jusqu’à janvier, cela laisse largement la place pour que l’Open de France se positionne comme un tournoi de référence. Je ne demande pas forcément qu’il y ait à chaque fois beaucoup de joueurs américains qui viennent. Mais ils seront à chaque fois les bienvenus. »
Rory McIlroy, la locomotive européenne
« Avoir de gros joueurs en Europe, c’est aussi un projet qui est soutenu par Rory McIlroy, ajoute Grizot. On a la chance d’avoir Rory qui est le joueur le plus charismatique. J’ai beaucoup de respect pour Scottie Scheffler, mais je pense qu’aujourd’hui si on pose la question aux enfants et aux adultes, il n’y a pas photo au niveau de la popularité entre les deux. Rory pourrait même jouer le rôle que Tiger (Woods) a joué dans les années 2000 sur le PGA Tour. On a besoin d’une locomotive et Rory soutient ses tournois (sur le Tour européen), donc je pense que c’est une très bonne chose aussi pour l’Open de France. »
La fin annoncée du LIV Golf peut également jouer en faveur du DP World Tour, et donc par ricochet à l’Open de France. Ce n’est un secret pour personne, plusieurs membres du circuit dissident se verraient bien rebondir sur le Tour européen en 2027 et ainsi s’offrir, qui sait, l’opportunité de revenir sur le PGA Tour via la Race to Dubaï.
Je ne vois pas comment un challenger aujourd’hui peut s’interposer sans avoir les poches aussi profondes que celles des Saoudiens.
Pascal Grizot
« Il y aura certainement une période de transition et cette période de transition pourrait être de jouer sur le DP World Tour, juge encore Pascal Grizot. Cela pourrait être tout bénéfice pour le Tour européen. Sans le soutien des Saoudiens, il me paraît difficile que le LIV continue d’exister. Je ne vois pas comment un challenger aujourd’hui peut s’interposer sans avoir les poches aussi profondes que celles des Saoudiens. Il faut que ce soit un pays souverain pour lequel l’argent, la rentabilité, n’est pas une priorité. Si ce sont des fonds financiers, ils ont besoin d’un retour sur investissement. Et là, ce n’est pas le cas. »
Alors pourquoi pas Bryson DeChambeau, Jon Rahm et consorts sur le Tour européen en 2027, et donc peut-être à l’Open de France bientôt ? Oui, pourquoi pas…
Nelly Korda et les meilleures joueuses du LPGA au Natio ?
Ce qui semble bien plus réalisable aujourd’hui, c’est l’officialisation d’un tournoi estampillé LPGA Tour au Golf National en 2027. Cela fait déjà plusieurs mois que le dossier est dans les tuyaux. Pascal Grizot ne dira pas le contraire.
« On y travaille en effet, confirme-t-il. On a déjà des rendez-vous avec quelques sponsors importants qui sont intéressés par le golf féminin et pourquoi pas par le golf masculin aussi. Dès l’an prochain, ça peut le faire… On pourrait donc avoir à la fois en France l’Evian Championship et un autre très gros tournoi ici, en totale transparence avec Evian d’ailleurs. Ce serait même les équipes d’Evian qui organiseraient le tournoi aux côtés du LPGA Tour. J’ai joué avec le nouveau Commissioner du LPGA Tour, Craig Kessler, qui est très dynamique. C’est quelqu’un de super ! »
Photos montage : Jared C. Tilton / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP – VAN DER HASSELT / AFP – LPGA Tour – Oisin Keniry / R&A via Getty Images













