Recyclage des eaux usées traitées (REUSE)

Comment pallier le manque d’eau qui s’annonce pour continuer d’arroser les golfs ? (1ère partie)

27 février 2023
eaux usées, arrosage, Sprinklers, secheresse Harry How/Getty Images/AFP

D’une part, l’eau est de plus en plus rare et les nappes phréatiques se vident*. Et d’autre part, les anticyclones subtropicaux remontent au nord avec le réchauffement climatique : la France vient de connaitre 16 mois les plus secs de son histoire sur les 21 derniers. Le débat apparut l’an dernier à l’occasion d’un été canicule nous a poussé à ouvrir une enquête sur l’utilisation de l’eau dans les golfs.
Car le constat est évident : il faut – rapidement – trouver des solutions pour permettre aux acteurs économiques de poursuivre leur développement. Le golf n’échappe pas à cette problématique.
Ce voyage en eaux troubles n’a pas pour objet  de dénoncer quelques turpitudes mais pour tenter d’y voir plus clair et de faire la lumière sur une pratique efficace, encore trop négligée.

Nous y consacrerons trois volets :

–       le premier, pour faire la lumière sur les raisons pour lesquelles le recyclage des eaux usées – les spécialistes parlent de « REUSE » – n’a pas jusqu’à maintenant eu les faveurs de l’ensemble de la filière touristique et golfique, laquelle continue de préférer d’autres options, certes utiles mais parfois plus coûteuses et  surtout moins écologiques. Rémy Dorbeau, directeur de Chantilly et président de l’AGREF, nous a donné son point de vue sur la question.

–       le deuxième volet fera la part belle au diagnostic posé par une spécialiste de l’eau, Aude Witten, directrice générale adjointe de l’Agence de l’eau Adour-Garonne, l’un des acteurs majeurs de cette transition écologique qui s’annonce.

–       le troisième volet, enfin, permettra de voir que si certaines expérimentations commencées timidement en France il y a quelques années, en Europe ou dans le monde ont apporté des réponses satisfaisantes Et si cette nouvelle ressource que constituent aujourd’hui les eaux usées peuvent satisfaire les besoins en arrosage de nos structures golfiques.

par Denis et Roland Machenaud

Golf Du Medoc – Le Parcours Des Chateaux

 


Moins de 1 % des eaux usées sont réutilisées


Un constat tout d’abord : en France, moins de 1 % des eaux usées sont réutilisées, loin derrière l’Italie et l’Espagne qui utilisent entre 8 et 14 % de leurs eaux usées traitées et très loin derrière Israël, 90 % ! Dans le même genre : l’Espagne retient et stocke 50% de ses eaux de pluie et nous en France … 3% !
Il est intéressant de noter que c’est dans les pays dont les ressources en eau sont les plus faibles que le recyclage est le plus  souvent utilisé. Au Mexique, par exemple, 100 % des eaux usées est réinjecté dans l’irrigation de ses cultures.

 La gestion de la ressource en eau fait actuellement l’objet d’intenses discussions au plus haut niveau de l’état. La Fédération pousse pour une utilisation accrue de l’eau recyclée sur les parcours.

Son président, Pascal Grizot, le rappelait lors de son dernier débat avec la presse début février : « Comment expliquer qu’en France, le chiffre n’atteint pas la barre des 1 % ?, s’interrogeait Pascal Grizot qui expliquait que le problème provient d’une législation trop frileuse basée sur une étude incomplète de l’Agence Nationale Sécurité Sanitaire Alimentaire Nationale (Anses) préconisant uniquement des mesures conservatrices. Et d’ajouter avec humour et pertinence : «  En Espagne, l’eau grise est utilisée dans l’agriculture. Pour produire des aliments que nous retrouvons dans nos assiettes ici. Et on ne pourrait pas arroser nos golfs avec ces eaux-là ? ».

 


Les trois raisons de notre retard


 

eaux usées secheresse bassin de rétention Mauze-sur-le-Mignon, 40 km from La Rochelle photo by AFP

Pourquoi n’a-t-on jusqu’à aujourd’hui rien fait, ou presque, dans notre cher vieux et beau pays ? Pour trois raisons principalement : la première tient au fait que le manque d’eau n’est apparu que récemment et ce suite aux épisodes de chaleur qui ont traversé la France au cours des derniers étés. Les golfs ont alors commencé à réaliser qu’il fallait très rapidement agir pour se prémunir du manque d’eau.

La seconde raison, qui n’est pas moins importante, vient du fait que le « mal français » qui déploie moult réglementations, impose des normes à n’en plus finir. Ce qui a eu, en l’espèce, des conséquences particulièrement néfastes en détournant les rares  précurseurs favorables au changement de modèle à  effectuer les investissements nécessaires, certes coûteux mais rentables à moyen et long terme.

La troisième raison s’explique par le choix fait par de nombreux golfs visant à la modernisation du réseau d’arrosage, à l’installation d’outils de pilotage, à la mise en place de dispositifs de métrologie (sondes de mesure d’humidité des sols, de mesure de l’évaporation et de l’évapotranspiration du gazon), enfin à la création de bassins de récupération d’eau de pluie. Autant d’options respectables mais qui entraînent au final moins d’économies en eau.

C’est ainsi qu’on en arrive à la situation qu’on connaît actuellement.
Certes, la France n’est pas la plus mal lotie. Grâce à son climat tempéré, elle a longtemps bénéficié d’apports en eau qui lui ont permis de faire face au stress hydrique. Mais l’accélération du dérèglement climatique, l’élévation de la température, tant ressenti l’été dernier, a précipité certains golfs dans l’incertitude la plus totale, lesquels, contraints de ne plus pouvoir arroser par mesure de solidarité, ont été jusqu’à envisager la mise en chômage technique de leur personnel.
Sans compter les effets collatéraux : épuisement et disparition des graminées, greens et départs complètement hors service, parcours moins attractifs et donc moins joués… 

Il faut donc repenser en totalité notre modèle d’approvisionnement en eau. Tout le monde est d’accord là-dessus. Reste à savoir comment.
Si le principe du recyclage des eaux usées est de plus en plus accepté par les golfs, le moins qu’on puisse  dire, c’est qu’on part de loin, de très loin…

 


Réglementation tatillonne, lourdeurs administratives et … aides publiques


 

En France, deux arrêtés, ceux du 28 août 2010 et du 25 juin 2014, régulent uniquement l’utilisation d’eaux issues du traitement d’épuration des eaux résiduaires urbaines pour l’irrigation des cultures, espaces verts et de loisirs, comme le golf. Sans entrer dans les arcanes de cette réglementation particulièrement tatillonne, quatre niveaux de qualité sont définis avec, pour chacun, des usages autorisés et interdits.
C’est dans le détail, si on peut dire, que le ver se trouve. Car, à force d’y ajouter des contraintes d’usage selon la technique d’irrigation, les distances minimales de sécurité ou même la vitesse du vent, on a fini par décourager, là comme ailleurs,  les esprits les plus entreprenants.

Au golf de Dinard (photo en bas de l’article),  par exemple, où on a cru très tôt en cette technique, le découragement a fini par s’installer quand on a constaté qu’il était impossible de respecter le règlement à la lettre dans la mesure où la vitesse du vent en bordure de mer est un élément qu’on ne peut pas maîtriser et où la limite de 15km/h peut être évidemment dépassée en cas de coups de vent. Pascal Grizot, le président de la FFG, le rappelait : « En France, il faut moins de 20 km/h de vent, l’absence d’habitation à moins de 300 mètres ou de chemin vicinal pour utiliser cette eau “grise”. 

Certes, on peut comprendre l’intérêt sur le plan sanitaire – éviter qu’on retrouve des polluants solubles ou non – et environnemental, mais sur le plan pratique, les contraintes étaient telles qu’en 2016 un rapport du Cerema** recensait seulement 122 cas sur environ 22 000 stations d’épuration, principalement pour de l’irrigation agricole et … l’arrosage des golfs. Loin, très loin des objectifs affichés pour résoudre les difficultés du moment.

L’Union Européenne s’est émue de la question et a finalement adopté le 5 juin 2020 un nouveau règlement destiné à permettre à un plus grand nombre d’acteurs l’utilisation des eaux usées traitées, avec pour conséquence un prélèvement moindre sur les nappes phréatiques très menacées. Un objectif ambitieux a été fixé : passer de 1,6 milliard de m³ à 6,6 milliards en 2025. De nouvelles règles comme une autorisation préfectorale de 5 ans au plus, ont été fixées, et surtout les contraintes d’usage obligatoires de distance, de nature du sol et de vitesse du vent, ne figurent plus dans le cahier des charges.
Satisfaction du côté des acteurs économiques qui déplorent cependant des lourdeurs administratives toujours pesantes, le parcours d’obstacles administratif – « la durée de constitution d’un dossier de REUT est rarement inférieure à 5 ans », pointait le Cerema en 2020– même si les plus importantes sont aujourd’hui à la charge de  l’exploitant de la station d’épuration, tout cela constitue un frein pour la mise en œuvre rapide d’investissements stratégiques lourds.
Les golfs en particulier peuvent se saisir de cette opportunité en matière d’irrigation qui les concerne directement. Avec pourquoi pas des aides publiques renforcées dans le cas, par exemple, où un traitement supplémentaire devrait être effectué. En tout cas, les golfs seraient bien inspirés de se mettre en mouvement, sous peine de laisser le secteur agricole profiter largement de cette ressource .

Il faut donc souhaiter que cette pratique s’amplifie rapidement. On pourra d’ailleurs faire un premier bilan dès 2025. On verra alors si l’homme-prédateur, qui déforeste à tour de bras, saccage les territoires, pollue les océans et les sols, a compris les enjeux pour demain pour ce qui est de l’eau. Au risque de voir nos terrains de jeu favoris que sont les parcours de golf, disparaître peu à peu. Ce qu’aucun de nous souhaite évidemment.

* voir notre sujet paru récemment dans Golf Planète sur l’artificialisation des sols

** CEREMA :  Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement placé sous la tutelle conjointe du ministre de la transition écologique et solidaire, et du ministre de la cohésion des territoires.

eaux usées sécheresse personnel entretien arrosage tuyau Photo by Zhong Zhi / GETTY IMAGES ASIAPAC / Getty Images via AFP

 «  C’est la somme des actions qui rendra
le système économe et efficient »

Rémy Dorbeau , directeur du Golf de Chantilly, président de l’AGREF, a répondu aux questions de Gold Planète sur la problématique de l’eau.

Golf Planète :  Quel est l’état de la réflexion aujourd’hui sur l’utilisation de l’eau dans les clubs de golf ? A-t-on véritablement pris conscience des enjeux climatiques ?

Rémy Dorbeau : Le sujet du dérèglement climatique est entré dans notre quotidien au travers des actualités. Si le sujet semblait assez lointain en 2021, la sécheresse de l’été 2022 et les nombreuses restrictions et interdictions totales d’arroser (71 golfs en tout) ont définitivement mis ce sujet au cœur des priorités des clubs et des gestionnaires.

Nous savons que le réchauffement climatique est irréversible pour au moins un siècle. La projection initiale de +2°C a été récemment actualisée à +4°C. La recharge des réserves va diminuer de 30% minimum et l’évaporation augmenter de 30%. 

Les choses vont donc empirer ce qui risque de remettre en cause l’existence de certains golfs (tension sur la disponibilité d’eau potable, montée des eaux).

Le sujet de la disponibilité de l’eau pour un golf est éminemment local. Nous partageons les ressources avec l’agriculture, l’industrie et surtout les citoyens au travers de l’eau potable. Nous ne sommes pas prioritaires.

Les préfets prennent des arrêtés de restriction en été pour garantir la distribution d’eau potable jusqu’à la fin de l’automne (retour des pluies) comme ce fut le cas en Bretagne où les réserves d’eau sont essentiellement en surface (lac, cours d’eau etc.)

Les gestionnaires doivent sortir des golfs pour présenter leur activité aux élus locaux en commençant par les maires. Pour que l’activité golfique reste socialement acceptable, il faudra désormais communiquer mieux sur nos activités et sur les actions déjà engagées, expliquer les efforts de réduction des consommations et rechercher, ensemble, d’autres sources d’eau aussi utiles aux autres acteurs locaux. 

GP : a-t-on priorisé les actions à développer pour combattre le stress hydrique de plus en plus présent ?

RD : L’expérience de l’été 2022 a permis de constater que la priorité était de conserver une couverture végétale pour protéger les sols, garantir le maintien de l’activité et réduire les coûts de remise en état.

La sécheresse, associée aux épisodes de canicules, a naturellement sélectionné les espèces résistantes, accéléré les conversions déjà engagées et probablement convaincu les gestionnaires d’en initier une lors de la remise en état de leur parcours.

Par chance nous avons eu un automne assez doux et pluvieux qui a favorisé la récupération des gazons.

Les plantes ont besoin de prendre de l’eau dans le sol pour vivre et se développer.

Le continuum Sol – Plante – Atmosphère est le cœur du sujet. Il est essentiel de bien le connaître pour mieux anticiper le stress hydrique et prendre les bonnes décisions culturales en anticipation.

Les progrès sur la fiabilité des prévisions météorologiques permettront d’ajuster la fréquence des arrosages et de réaliser des économies.

Les golfs doivent tous être équipés de stations météorologiques et de sondes de sol permettant de collecter les données (évaporation ETP, humidité du sol, températures du sol) indispensables au pilotage efficace de l’arrosage.

Il existe une grande variabilité de résistance à la sécheresse et la chaleur entre les espèces de graminées, les annuelles et les vivaces ou les tempérées (photosynthèse en C3) et les tropicales (photosynthèse en C4).

Les combinaisons sont nombreuses. Elles seront étudiées dans le cadre du projet Collections Variétales, sur une durée de 3 ans, cofinancé par le fonds de dotation FFgreen et l’AGREF.

Il en est de même pour les sols. Leurs caractéristiques influent énormément sur leur capacité de réserve en eau, leur fertilité, leur activité biologique etc.

Cela dit, la première action reste la préservation des gazons quand les conditions environnementales sont défavorables. Par exemple il faut limiter autant que possible le trafic et le piétinement quand le gazon ne pousse pas ; il ne se régénère pas et les dégâts s’accumulent.

GP : La solution d’arroser les golfs grâce au retraitement des eaux usées remplace-t-elle à votre avis les autres solutions à disposition comme la conversion de flore, le remplacement de graminées, l’amélioration du système d’arrosage, les bassins de rétention ?  Ou bien est-elle seulement complémentaire ? L’idéal ne serait-il pas de combiner les diverses solutions sans se priver du recyclage des eaux usées une fois traitées ?

RD : Il n’y a pas de solution qui en remplace une autre. C’est évidemment la somme des actions qui rendra le système économe et efficient. Il s’agit d’abord d’essayer de se garantir un accès à l’eau d’arrosage.

Cela passe par le calcul des besoins minimum (volume d’eau indispensable pour la survie des greens) permettant d’assurer la continuité de l’activité économique afin d’en informer les services de Police de l’Eau des Préfectures. Ils pourront ainsi en tenir compte dans la rédaction des arrêtés sécheresse ou d’une dérogation.  
C’est ensuite explorer toutes les sources d’eau non conventionnelles locales ( eaux usées, eaux de pluie, eaux de rejets d’activité industrielle).

Pour la REUSE en particulier, le golf doit être implanté à proximité d’une station de retraitement des eaux (moins de 5 km). Une cartographie nationale est en cours.

Il faudra veiller à vérifier la compatibilité de la qualité de l’eau avec la culture des gazons avant d’engager un programme de conversion avec des graminées adaptées.

La composition de l’eau d’arrosage peut avoir une forte influence sur la fertilité et la perméabilité du sol et des mesures correctives sont parfois nécessaires.

GP : Si le mouvement en faveur de cette forme de lutte de préservation de l’eau ne semble pas encore très prisé actuellement par les golfs français, la raison budgétaire est-elle la seule explication ou bien ne préfère-t-on pas tout simplement réfléchir et agir au niveau des sols, des graminées, de l’arrosage existant, sans remettre en cause le système lui-même et le remplacer par un nouveau modèle plus soucieux d’économiser l’eau de façon radicale?

RD : Le mouvement est en marche et l’action fédérale est résolument engagée depuis 2006, année de la première Charte sur l’eau.

La disponibilité relative de l’eau a contribué à une relative inertie mais le mouvement s’accélère et la filière s’attache à le réguler avec nos institutions. Les solutions techniques de traitement des eaux non conventionnelles existent. Elles ont un coût d’investissement et de fonctionnement qu’il est nécessaire de chiffrer pour calculer le prix d’un mètre cube d’eau et évaluer la durabilité de la solution.

Certaines solutions très coûteuses approchent  4 à 5 €/m3  (le prix moyen de l’eau potable qui est de 3.98€ TTC). Elles ne seront envisageables que pour garantir l’ultime survie des greens.  

Nous devons changer de modèle.

Nous pouvons agir principalement sur le sol et sur la plante. 

Les méthodes de construction devront être revues et adaptées avec l’objectif prioritaire du maintien d’une couverture végétale de qualité et non plus seulement sous l’angle de la disponibilité au jeu en cas d’intempéries.

Les méthodes culturales devront être adaptées.

Un bilan hydrique des opérations culturales devra être systématiquement fait pour réduire la consommation. Par exemple, aérer des gazons en pleine chaleur en été consomme beaucoup plus d’eau.  

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GP : Les golfeurs eux-mêmes de façon générale ont-ils pris la mesure du problème et sont-ils prêts à accepter par exemple que les fairways, en particulier en été, soient jaunes et pas verts ?

RD : C’est le cas dans l’immense majorité des structures golfiques parfois. Ceux qui ne l’ont pas encore compris vont rapidement prendre la mesure des enjeux sociétaux et environnementaux.

Le jeu de golf trouve son attrait dans la variabilité saisonnière des parcours et leurs conditions environnementales.

L’éducation des jeunes golfeurs est primordiale. L’enseignement du golf l’est aussi car ils ne sauront s’amuser qu’à la condition d’avoir les compétences techniques pour jouer dans toutes les conditions. 

La seconde partie de notre enquête donnera la parole à l’un des acteurs majeurs de la transition écologique, l’Agence de l’eau Adour-Garonne. Golf Planète a rencontré Aude Witten, sa directrice générale adjointe : elle posera le cadre réglementaire et les limites de cette fameuse REUSE..

Enfin, la troisième partie portera sur les golfs français et étrangers qui ont décidé de jouer la carte du recyclage, souvent avec succès.

Le golf de Dinard

Photos Getty/AFP, Golf Planète, Flyovergreen, DR

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