Pénalisé de deux coups pour avoir enfreint la règle 8.1 (amélioration des conditions affectant le coup), Bryson DeChambeau a-t-il été trop sévèrement puni ? De nombreux spécialistes le pensent. Mais d’autres jugent la sanction logique.
Il faut voir et revoir la scène pour se faire une idée. Et encore. Le doute, pour certains, subsiste. Bryson DeChambeau a-t-il amélioré les conditions de son coup en aplatissant les herbes hautes placées derrière sa balle, dans le gros rough du trou n°5 ? Faites vous une idée. L’intention ne compte pas. Mais seulement le résultat.
Did Bryson Dechambeau improve his lie here?
— Mr. Feeny (@MrFeeny7) July 17, 2026
Watch the surrounding grass area behind the ball and his set up routine. Posting the full, unedited sequence so golf fans and officials can judge it themselves. @NUCLRGOLF @TheOpen @GolfChannel @NoLayingUp @brysondech #open pic.twitter.com/al2eT01tp8
Les avis des journalistes, des observateurs, des commentateurs sont très partagés.
Chamblee : « Il a tout fait sauf sortir une débroussailleuse »
Parmi les défenseurs les plus fervents de la décision figure Brandel Chamblee. Le consultant de Golf Channel estime que l’application de la règle est tout simplement incontestable.
« Il était clairement en infraction avec la règle 8.1 », a-t-il affirmé, avant de livrer une formule qui a fait le tour des réseaux sociaux : « Il a tout fait sauf sortir une débroussailleuse. »
Selon lui, peu importe les intentions de DeChambeau. Le simple fait d’avoir aplati la végétation susceptible d’interférer avec son swing constitue une amélioration des conditions du coup et doit être sanctionné.
Paul McGinley partage cette analyse. L’ancien capitaine européen de Ryder Cup rappelle que les joueurs du plus haut niveau savent parfaitement qu’ils doivent faire preuve d’une extrême prudence lorsqu’ils évoluent autour d’une balle enfouie dans un rough aussi dense.
À ses yeux, le R&A n’avait guère d’autre choix que d’appliquer le règlement. Il regrette davantage la manière dont l’affaire a pris de l’ampleur que la décision elle-même.
Laura Davies : une sanction disproportionnée
À l’inverse, Laura Davies se montre beaucoup plus compréhensive envers DeChambeau. La quadruple lauréate en Majeur estime que l’Américain cherchait simplement à rejoindre sa balle dans une végétation particulièrement épaisse.
Selon elle, il est quasiment impossible de progresser dans un rough de cette densité sans coucher quelques brins d’herbe. Elle ne conteste pas nécessairement la lettre du règlement, mais juge sévère qu’une action aussi naturelle puisse coûter deux coups dans un tournoi majeur.
Dan Rapaport adopte une position plus nuancée. Le journaliste de Skratch considère que la règle 8.1 peut effectivement s’appliquer dans ce type de situation, mais estime que les images ne démontrent pas de façon incontestable que DeChambeau a obtenu un réel avantage.
Justin Thomas peste contre le retard accumulé
Il s’interroge également sur le délai de plusieurs heures ayant précédé la décision officielle. Pour lui, cette affaire révèle surtout la difficulté d’interpréter la règle lorsqu’il s’agit d’évaluer une amélioration potentielle du swing dans un rough très épais.
Consultant pour Sky Sports et vainqueur du PGA Championship 2002, Rich Beem s’est montré surpris par la sévérité de la sanction. Dès la diffusion des images, il a souligné qu’il était pratiquement impossible de rejoindre une balle dans un rough aussi épais sans coucher quelques brins d’herbe. Sans remettre en cause l’existence de la règle, il estime que l’application de celle-ci dans ce contexte relevait d’une interprétation extrêmement stricte.
S’il ne s’est pas prononcé sur le fond de la décision, Justin Thomas, lui, a laissé éclater son agacement sur les réseaux sociaux en raison de l’interminable attente provoquée par l’enquête des officiels. Les départs du troisième tour ne pouvaient pas être publiés tant que le cas DeChambeau n’était pas réglé, une situation que l’Américain jugeait anormalement longue.
Hey @TheOpen can we get some 3rd round tee times please???
— Justin Thomas (@JustinThomas34) July 17, 2026
Le R&A : l’intention n’entre pas en ligne de compte
Face aux critiques, le directeur de la gouvernance du R&A, Grant Moir (photo), a défendu la décision des officiels. Il a rappelé que la règle ne repose pas sur l’intention du joueur.
Autrement dit, même si DeChambeau n’avait aucune volonté de tricher, le simple fait d’avoir amélioré les conditions affectant son coup suffisait à justifier la pénalité.
Photo Michael Reaves / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP














