Avec la disparition de LIV Golf, des dizaines de joueurs doivent désormais trouver un nouveau point de chute. Mais tous ne sont pas logés à la même enseigne. Si Jon Rahm, Bryson DeChambeau ou Victor Perez disposent de possibilités de retour sur les circuits traditionnels, d’autres, comme Dustin Johnson, Phil Mickelson ou Cameron Smith, pourraient rencontrer bien davantage de difficultés. Tour d’horizon des différentes voies d’accès au PGA Tour et au DP World Tour en 2027.
La fin de LIV Golf ne signifie pas que ses joueurs pourront automatiquement retrouver leur place sur les circuits qu’ils avaient quittés.
Entre les exemptions conservées grâce aux victoires en Majeurs, les catégories liées aux gains en carrière, les droits de jeu sur le DP World Tour et les qualifications, les situations sont extrêmement différentes.
Joueur par joueur de quoi disposent les anciens pensionnaires du circuit financé par l’Arabie saoudite.
Attention toutefois : ces projections ne constituent pas une confirmation officielle des droits de jeu.
Les éventuelles suspensions, les conditions de réintégration et les changements réglementaires pourraient modifier considérablement la situation de certains joueurs.
PGA Tour : DeChambeau, Rahm et Smith peuvent compter sur leurs titres en Majeurs
Sur le circuit américain, trois joueurs disposent encore d’une exemption potentielle liée à une victoire dans un tournoi du Grand Chelem.
Bryson DeChambeau, vainqueur de l’US Open 2024, possède théoriquement une exemption valable jusqu’en 2029.
Jon Rahm, grâce à son succès au Masters 2023, pourrait bénéficier d’une exemption jusqu’en 2028.
Enfin, Cameron Smith, vainqueur de The Open en 2022, dispose d’un droit potentiel jusqu’en 2027.
Ces exemptions ne garantissent cependant pas un retour immédiat. Le PGA Tour devra déterminer si les joueurs concernés peuvent faire valoir leurs droits malgré leur passage sur LIV Golf, et dans quelles conditions.
Une suspension d’un an pourrait notamment rendre inutilisable la dernière année d’exemption de l’Australien célèbre pour sa coupe mulet et son record à Augusta.
Le document souligne également que les trois joueurs pourraient ne pas être soumis aux mêmes sanctions.
Mickelson, Johnson, Garcia et Watson : la piste des gains en carrière
Une autre possibilité existe pour six anciens joueurs de LIV Golf : les exemptions liées au classement historique des gains remportés sur le PGA Tour.
Phil Mickelson, quatrième de ce classement, et Dustin Johnson, sixième, figurent parmi les mieux placés.
Jon Rahm, dix-neuvième, et Sergio Garcia, vingtième, pourraient également prétendre à une exemption réservée aux joueurs figurant parmi les 25 premiers.
Bubba Watson, vingt-septième, et Charles Howell III, quarante-deuxième, entreraient quant à eux dans la catégorie des 50 premiers.
Mais ces droits sont eux aussi soumis à des conditions et pourraient être affectés par la refonte du PGA Tour prévue en 2028.
Selon les dispositions envisagées dans le tableau, l’exemption liée aux gains en carrière serait alors limitée à une saison. Son utilisation pourrait également nécessiter d’avoir disputé au moins 15 tournois sur le PGA Tour en 2027.
Pour un joueur suspendu pendant toute l’année 2027, cette condition pourrait donc devenir impossible à remplir.
Le statut de membre à vie pourrait ne plus suffire
Phil Mickelson et Dustin Johnson possèdent également un autre privilège : leur statut de membre à vie du PGA Tour.
Mais les critères envisagés pour la nouvelle structure du circuit américain en 2028 ne semblent plus prévoir cette catégorie d’exemption permanente.
Leurs possibilités de retour reposeraient alors principalement sur leurs droits liés aux gains en carrière, sous réserve de leur réintégration.
Pour la majorité des autres anciens joueurs de LIV Golf, aucune exemption comparable n’apparaît dans le tableau. Ils devraient donc emprunter les nouvelles voies de qualification pour espérer retrouver le circuit américain.
DP World Tour : Rahm, Hatton, Puig, Meronk et Canter disposent d’une catégorie solide
Sur le circuit européen, la situation apparaît plus favorable pour plusieurs joueurs qui ont conservé leur statut de membre.
Jon Rahm pourrait bénéficier en 2027 d’une catégorie liée à son titre au Masters, tandis que David Puig, Tyrrell Hatton, Adrian Meronk et Laurie Canter disposent d’une exemption de vainqueur.
Ces cinq joueurs figurent parmi les mieux placés pour retrouver des possibilités de jeu régulières sur le DP World Tour, sous réserve du respect des conditions d’éligibilité.
Victor Perez, Tom McKibbin, et Thomas Detry sont également assurés de jouer sur le DP World Tour l’an prochain.
Le Français fait donc partie des joueurs disposant déjà d’une perspective concrète pour 2027.
Pour Victor Perez, qui expliquait récemment vouloir examiner toutes les conséquences contractuelles avant d’officialiser son choix, la question ne se pose plus avec la disparition de LIV Golf 2.0 .
DeChambeau sur le DP World Tour ?
Un deuxième groupe comprend les anciens membres du DP World Tour qui pourraient demander leur réintégration en bénéficiant d’une catégorie d’exemption.
Bryson DeChambeau figure en tête de cette liste grâce à son statut de vainqueur de Majeur, qui pourrait lui donner accès à la catégorie 1.
Derrière lui, plusieurs joueurs expérimentés pourraient prétendre aux catégories réservées aux anciennes gloires du circuit, notamment les catégories 11 et 11a.
C’est le cas de Sergio Garcia, Louis Oosthuizen, Ian Poulter, Branden Grace, Graeme McDowell, Lee Westwood, Paul Casey, Charl Schwartzel et Martin Kaymer.
Ces catégories pourraient leur permettre de retrouver des possibilités de jeu, mais leur accès dépendrait de leur réadmission comme membres et de la priorité réelle de ces exemptions dans les tournois.
Richard Bland apparaît dans une situation différente, avec une perspective de jeu sur le Staysure Legends Tour, le circuit senior européen.
Les qualifications : Ballester, Pieters et quatre autres joueurs tentent leur chance
Pour certains anciens joueurs de LIV Golf, la voie du retour passe déjà par les cartes du DP World Tour.
Jose Ballester figure dans la catégorie 20 et s’est engagé dans la finale des qualifications grâce à son statut de vainqueur sur l’Asian Tour. Cette catégorie offre toutefois des possibilités de jeu très limitées.
Luis Masaveu a également accédé à la finale, en qualité de deuxième remplaçant, tandis que Byeong Hun An et Doyeob Mun, ce dernier bénéficiant également d’un statut de vainqueur sur l’Asian Tour, figurent parmi les engagés.
Elvis Smylie, 171e de la liste des points, et Thomas Pieters sont eux aussi concernés par la finale des qualifications.
Pour Pieters, une éventuelle invitation accordée par un organisateur pourrait constituer une solution supplémentaire, sans garantie à ce stade.
Ces six joueurs disposent donc d’une possibilité de gagner ou d’améliorer leur catégorie de jeu, mais leur situation définitive dépendra notamment des résultats des qualifications.
Johnson, Mickelson, Smith, Watson : les grands noms sans statut européen identifié
C’est probablement la catégorie la plus spectaculaire de cette répartition.
Plusieurs anciennes vedettes du golf mondial ne disposent, selon les projections, d’aucun statut établi sur le DP World Tour pour 2027.
On retrouve notamment Dustin Johnson, Phil Mickelson, Cameron Smith et Bubba Watson, mais aussi Charles Howell III, Lucas Herbert, Abraham Ancer, Joaquin Niemann, Dean Burmester, Marc Leishman et Caleb Surratt.
Harold Varner III, Peter Uihlein, Carlos Ortiz, Anthony Kim et Sam Horsfield figurent également dans ce groupe.
Pour certains, les qualifications étaient envisageables, mais ils ne s’y sont pas engagés ou n’ont pas franchi les étapes nécessaires.
Les possibilités d’obtenir des invitations pourraient donc jouer un rôle déterminant.
Des invitations sponsors qui vont faire débats…
Les rumeurs évoquent aussi un dispositif d’invitations garanties par des sponsors, présenté comme une piste possible pour faciliter le retour de certains joueurs sur le DP World Tour.
Les principaux candidats potentiels seraient les anciennes grandes vedettes du circuit, notamment Johnson, Mickelson, Smith ou Watson, mais également des joueurs comme Niemann, Burmester, Leishman ou Ancer.
Il ne s’agit cependant pas d’une catégorie automatiquement acquise. Le nombre de places serait nécessairement limité, et tous les joueurs concernés ne pourraient pas en bénéficier.
La perspective de telles invitations ne doit donc pas être confondue avec un droit de jeu confirmé. Des abus pourraient aussi provoquer des remous parmi les joueurs qui sont restés loyaux au circuit historique.
L’Asian Tour et le Japan Tour, solutions de repli pour plusieurs joueurs
Une dernière catégorie regroupe les joueurs qui pourraient chercher à poursuivre leur carrière sur d’autres circuits.
Le tableau cite notamment Ben Campbell, Cameron Tringale, Brendan Steele, Jason Kokrak, Anirban Lahiri, Michael La Sasso, Danny Lee, Richard T. Lee, Talor Gooch et Matthew Wolff parmi les joueurs sans statut identifié sur le DP World Tour.
Plusieurs autres disposent néanmoins de possibilités sur les circuits asiatiques.
Yosuke Asaji pourrait bénéficier de statuts sur l’Asian Tour et le Japan Tour, tandis que Bjorn Hellgren, Scott Vincent et Miguel Tabuena disposent de possibilités sur l’Asian Tour grâce à leurs succès.
Younghan Song pourrait de son côté retrouver une catégorie sur le Japan Tour.
Sebastian Munoz et Minkyu Kim complètent cette liste de joueurs dont l’avenir européen reste incertain.
Pour les anciens membres de LIV Golf qui ne disposent ni d’une exemption sur le PGA Tour ni d’un statut européen, l’Asian Tour pourrait ainsi devenir une solution de repli importante.
Une nouvelle hiérarchie après la disparition de LIV Golf
La liquidation de LIV Golf risque donc de provoquer une profonde redistribution des cartes dans le golf professionnel.
Certains joueurs, à l’image de Jon Rahm, Bryson DeChambeau ou le Français Victor Perez, disposent de voies de retour relativement identifiables.
D’autres, pourtant détenteurs de plusieurs titres majeurs ou anciens numéros un mondiaux, pourraient se retrouver dans une situation beaucoup plus précaire.
Et la réforme annoncée du PGA Tour pour 2028 ajoute encore une incertitude à l’équation.













